11e semaine d’entrainement terminée en vue du marathon d’Ottawa…

2e plus longue « Long Run » – 29 km – depuis le début de cette aventure… et c’est maintenant que je me décide de vous partager un peu ce parcours. Pourquoi? Peut-être parce que j’ai eu une journée de recul après ma course d’hier. Peut-être parce que je viens de m’acheter un livre (Running Throught the Wall) fascinant qui m’apporte à réfléchir sur mon expérience…

« More than almost any other sporting endeavor, ultra distance running is personal in nature. Perhaps it is the overwhelming magnitude of the task that causes participants to look inward and examine the deep motivations for challenging themselves in this way. Or rather, perhaps it is simply the lenght of time spent training and on the course that leads to such introspection… »

Il est vrai que nous avons beaucoup de temps pour réfléchir lorsque nous courons pour des périodes de 1-2-3 heures et plus; de réfléchir à nos buts, à notre vie, à notre souper (oui! oui!), à la beauté de l’environnement qui nous entoure, mais aussi au vent qui nous donne de la misère, à notre visage qui est congelé, à nos jambes qui deviennent de plus en plus lourdes à chacune de nos enjambées. Toutes ces réflexions peuvent éventuellement nous pousser à des questionnements sur notre capacité à terminer la course en cours, à douter de notre capacité à entreprendre celle de la semaine prochaine qui sera encore plus longue (32 km), voir même à pourquoi nous nous sommes lancés dans une aventure qui est parfois très demandante!

Oui, pour la première fois depuis le début de ce périple, ces questionnements se sont présentés à moi hier lors de ma course. Pourtant, pourquoi n’ai-je pas été en mesure de dire à mon conjoint en arrivant à la maison que j’aurais aimé marcher mon dernier km, que j’ai douté sur mes capacités à courir plus loin la semaine prochaine, de dire à ma fille que ce fut une de mes plus pire, dans le sens de difficile, course jusqu’à présent? Mental toughness comme dirait « Les Boys »? Nah, mental excuses pendant la course et pas capable de me dire que je viens de frapper un mur!!!! « C’est difficile parce que tu as le vent de face Carole. », « C’est difficile parce que tu n’as pas assez dormi hier. », « C’est difficile parce que tu fais des côtes alors que tu devrais courir sur le plat. », « C’est difficile parce qu’il fait froid et tes muscles ne réussissent pas à se réchauffer. » Yeah right!  » C’est difficile parce qu’il devait te manquer quelque chose dans ton déjeuner de ce matin, souper d’hier, dîner d’hier, d’avant-hier et d’avant, avant hier… » En 1-2-3 heures, notre tête à le temps d’en produire des excuses. Pourquoi ne pas dire les choses simplement. « C’est difficile parce que le PARCOURS NOUS AMENANT À COURIR UN MARATHON (42,2 km) EST DIFFICILE », un point c’est tout! »…au point qu’à une ou deux occasions j’aurais eu envie dire : « Ok, là c’est assez! C’est fini, f-f-i-n-n-i! »

Je me suis souvent demandée à quoi ressemblerait ce fameux mur dont parlent si souvent les marathoniens. Il m’est déjà arrivée de sortir de ma zone de confort au niveau sportif (entre autres en quelques occasions lors du Tour de l’espoir 2012), mais j’avais de la difficulté à imaginer comment ça se présenterait à moi cette fois-ci. J’ai toujours pensé que si j’avais été en mesure de faire 1 000 km à vélo pendant 8 jours, que je pourrais faire un marathon. Oui, cette impression n’a pas changé, j’y crois aussi fermement aujourd’hui. Mon entrainement jusqu’à présent me laisser présager que ce sera possible, sauf que hier Ouff… Quoique je ne sens pas avoir atteint l’apogée de ce à quoi peut ressembler ce moment de découragement, de doute, de fatigue mental et physique, je suis convaincue avoir vécu hier, pendant ce 3 heures, quelque chose de similaire en plus faible intensité. Subtil mais définitivement présent, je n’ai pas été en mesure de prendre conscience de cet état sans un peu de recul. À chaque personne sa manière de réagir j’imagine.

Pourquoi est-ce que je vous partage ceci? Non pas pour adopter une attitude exhibitionniste sur ma vie, même si ça peut avoir l’air ainsi. Non pas pour décourager les gens qui viennent de débuter la course et qui ont un marathon au coeur de leur « Bucket List ». Mais plutôt pour vous dire les vraies choses, soit que parfois j’aurais envis de marcher au lieu de courir, de dire bêtises au vent au lieu de me dire que ça me fera travailler davantage, de dire que mes jambes n’en peuvent plus lorsqu’elles arrivent au 26-27e km et que j’aimerais marcher… et surtout de vous dire que je suis humaine après tout! Comme toute personne, je suis remplie de qualités, de défauts, de forces, de faiblesses et il arrive où je suis mise face à des obstacles physiques, mais aussi mentaux, qui me font travailler en TITI.

Mais savez-vous quoi? Bien qu’il est vrai que courir de longues distances nous donne le temps de réfléchir, elles nous donnent aussi le temps de déterminer qui nous sommes, de créer qui nous voulons être et de chérir ce moment de croissance. Et laissez moi vous dire que lorsqu’on arrive à la fin, à ce moment où l’on peut finalement dire à nos jambes de marcher, il devient facile de regarder en arrière, de se dire que nous nous sommes surpassé, que nous avons donné de notre meilleur et que nous sommes rempli de capacités ainsi que de volonté! N’en avoir pas eu, il est clair que j’aurais marché mon dernier et peut-être même mes 2 ou 3 derniers km hier. Pourquoi je ne l’ai pas fait? Parce que je savais avoir en moi la capacité de terminer ce défi et qu’il me fallait seulement l’a ramener à la surface. Et même si j’aurais marché, en fin de compte, je me serais rendu à la même place… à la fin avec le sourire aux lèvres.

Sur ce je vous laisse avec une citation qui m’est revenu hier et qui m’a fait terminer ma course en courant! Peut-être vous aidera-t-elle à un moment ou un autre… BONNE COURSE!

hard

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