I RUN 26,2, BECAUSE RUNNING 26,3 WOULD BE INSANE!

Courir un marathon… yep, c’est beautifully INSANE alright!

En janvier, j’ai décidé de me lancer dans une autre belle aventure. Pour ceux et celles qui me connaissent, vous savez à quel point j’aime les aventures! Et oui, après m’être mise à la course  plus sérieusement l’été passée, j’ai pensé qu’il était temps, et qu’il serait intéressant, de courir un marathon… vous savez ce beau et long 42,2 km!? Au départ, j’ai pensé débuter avec un demi-marathon (21,1 km), mais étant un peu extrémiste sur les bords et je ne m’en cache pas, j’ai rapidement changé d’idée : « Non Carole. Ce n’est pas un demi-marathon que tu veux courir, mais bien un marathon. Tu veux courir une distance qui te sortira assurément de ta zone de confort, car c’est là que les belles choses et les changements se produisent. » 

Voilà, 18 semaines d’entraînement plus tard, le jour ultime du premier marathon (oui, parce qu’il y en aura d’autres, bien d’autres…) arrive. Je suis à la fois contente, heureuse, anxieuse, fébrile, nerveuse… Name it and I’ve got it!

Vous n’avez jamais couru cette distance? Vous vous demandez à quoi peut ressembler cette expérience? Vous vous demandez si le mur du marathon existe? Vous vous demandez si votre corps fait mal? Vous vous demandez si votre tête vous jouera des tours après avoir passé 3 heures à l’espionner et à la scruter à la loupe? Vous vous demandez où on trouve l’énergie pour courir pendant des heures? Ce sont toutes des questions que je me suis posées, que j’ai posé et que je me pose encore dans certains cas.

Chaque course et chaque histoire sont différentes, mais voici ce qui peut se passer dans la tête d’un marathonien. Voici ce qui s’est passé dans ma tête :

Bonne course!

SOIR AVANT LE DÉPART

Je prends le temps de préparer mon équipement, de m’assurer que les deux réveils matin sont programmés et je m’étends à l’horizontal en espérant pouvoir trouver le sommeil. Habituellement je n’ai pas de difficulté à dormir, mais ce soir je sens que ça pourrait être différent. Un certain temps après… « Dors Carole dors! Ça fait deux jours que tu ne dors pas et tu sais qu’il te fallait récupérer ton sommeil hier ce que tu n’as pas pu faire. Il est ainsi primordiale que tu aies un sommeil récupérateur ce soir. » Nous nous étions couchés environ à 3 heures du matin jeudi et vendredi après être allé chercher des amis, qui feront le marathon avec nous, en provenance de la Colombie à l’aéroport de Montréal.

RÉVEILS SONNENT…

« Quoi? C’est quoi ce son? Oh, c’est le réveil! On ne vient pas de se coucher? OMG, ça promet! Carole, n’y penses-pas. Lève toi, grouille et va te faire un super smoothie énergisant!» Je me prépare. Pantalon, chandail, pansement à orteils, montre et tout le tralala. Je descends dans la cuisine afin de concocter un smoothie pour la gagne, le boit seul d’un coup et commence à obséder à l’idée que j’ai oublié quelque chose. « Carole, tu as tout ce qu’il te faut. Ça fait plus de 4 mois que tu te prépares pour ce moment. Relax and enjoy the ride.»

QUELQUES MINUTES AVANT LE DÉPART…

Nous arrivons un peu tôt sur le site question de se réchauffer un peu. La température est plus clémente que prévue, il y a moins de vent et je pense avoir choisit les meilleurs vêtements compte tenu du climat (pas facile de prédire et choisir lorsque la météo change à tous les jours). Deux critères principaux pour le choix des vêtements : No chafting and no freezing (trop frileuse la fille)!

Plusieurs personnes sont déjà présentes. Normal non? Nous sommes environs 7 000 à courir le marathon! Certains courent, d’autres s’étirent, d’autres font la ligne pour les salle de bain (il semblerait que la nervosité avant course peut avoir bien des effets sur notre corps). Haha! Nous nous dirigeons vers notre corral de départ. Je suis silencieuse, vérifie encore une fois mon équipement (téléphone, montre GPS, ceinture) et pense à ce qui s’en vient. « Ok Carole, tu y es presque. Même si tu n’as pas beaucoup dormit ces 3 derniers jours, la température est parfaite, ton entraînement s’est bien passé dans l’ensemble, tu n’as aucune blessure à l’exception de deux petites ampoules éclatées la semaine avant – ouch! – et tu adores courir. Suit simplement ton plan de match (arrêter à chacun des points d’eau pour 60 secondes, courir plus lentement pour la première moitié (negative split), écouter ton corps, apprécier le moment) et tout devrait se passer à merveille.»

Quelques photos, bisous, serrées et mots d’encouragement à mes amis et mon beau Juan (c’est une belle chance de pouvoir faire un marathon au moins une fois dans sa vie avec son chum) en lui rappelant de ne pas courir trop vite : « N’oublies pas ton negative split Juancho.» Quelques derniers étirements et…

3,2,1… BIIIIIPPPPPPP!

Hurlement de joie de la foule!!!! J’entreprends une petite marche vers la ligne de départ en vérifiant encore une fois ma montre, ma musique, etc. « Profites-en pour te réchauffer encore une fois les chevilles en marchant Carole. Tu sais que parfois lorsque tu pars, tes chevilles te jouent des tours. » La ligne de départ s’en vient, elle s’en vient et c’est parti mon kiki!!!!

2-3E KM

« Super Carole, tu viens de trouver une bonne place parmi la foule. Ta cadence vient de se régulariser, il n’y a rien qui fait mal et ton équipement semble bien ajusté. Où est Juan? Je ne le vois pas en nulle part. Aucune idée où il peut être. Il est sûrement en avant de moi en quelque part. J’espère simplement qu’il ne va pas trop vite (negative split JUAN)! »

5E KM

Après avoir dépassé le deuxième point d’eau : « Carole, tu ne t’es pas encore arrêter pour marcher. Ton plan de match était d’arrêter à toutes les stations. Ne change pas ton plan de match. Tu n’as pas d’expérience dans ce type de course. Tu pourrais en payer le prix plus tard. » Je voyais à 100 ou 200 mètres devant moi le lapin marche/course de 4h30. Mon objectif étant de terminer en 4h30, j’aimais mieux l’avoir en arrière de moi que devant moi. «Pourquoi arrêter tout de suite? Aussitôt que je l’aurai dépassé, je me promet de respecter mon plan de match. En plus, ça se passe tellement bien que je n’ai presque pas l’impression de courir une course. Après tout je cours moins vite qu’à l’habitude et mon corps se sent tellement bien! »

6E KM

Je dépasse finalement le lapin de 4h30… « Fiouf, Carole tu peux maintenant relaxer. Garde ce rythme jusqu’à la fin et ton objectif est dans la poche. »

8E KM

« Ok Carole, il est le temps que tu commences à faire des arrêt aux stations d’eau. » Je voyais au loin une autre belle petite pancarte; un autre lapin sur lequel il y étant inscrit 4h15. Vous savez quand nous n’avons jamais fait ce type de course et que nous connaissons difficilement nos capacités et ses exigences, il est facile de se laisser emporter par des peut-être… « Oui, je sais que le lapin du 4h15 est à ta vue loin là-bas, mais peut-être que je pourrais arriver à le dépasser aussi? Carole, tu es déjà devant ton objectif. Chill et boit de l’eau de vie! Arrête de jouer dangereusement. » Je fais finalement mon premier arrêt dans une station d’eau. À peine 30 secondes après et… « Carole, tu peux faire ton arrêt, mais tu n’es pas obligé de prendre ton 60 secondes après tout, non? »

9E KM

« Ah non, ne me dit pas que je vais être obligé d’arrêter pour aller à la toilette! L’eau et le gatorade, ne sont pas sensé passer en sueur? Carole, tu ne peux pas arrêter. As-tu vu les lignes pour les toilettes? C’est dans un moment comme celui-ci que j’aimerais être un homme. Ils se sont rapidement improvisé des salle de bain, eux. Tu sais que si tu décides d’arrêter, tu vas facilement perdre 3 minutes. C’est beaucoup! Non, tu ne peux te permettre cela. Imagine que le lapin de 4h30 te dépasse. Il n’en est pas question, il te faudra endurer  jusqu’à la fin. »

Hein? Quoi? Il reste genre 33,2km!!!!

13E KM

« Wow, c’est beau. Comme je suis chanceuse de pouvoir faire ceci. Carole, prend le temps d’apprécier ce moment, car c’est une expérience extraordinaire. » Je regardais les coureurs passer de l’autre côté d’une boucle de quelques kilomètres. « Ok, il y a des gens qui cours vraiment rapidement.» Il y avait des coureurs faisant dans enjambées que je ne pourrais même pas faire dans une course de 100 mètres! « Je me demande s’il y a des chance que je puisse apercevoir Juan parmi la foule? Non, je pense que c’est impossible, car je viens de voir  passer le lapin de 3 h quelque. Ok, Carole, revient à ta course. Concentre-toi. »

14E KM

« Oh mais c’est Juan de l’autre côté.» Joyeux, les deux bras dans les airs, on s’envoient des bisous. « Ok Carole, revient sur ta course. Focus! Non mais qu’est-ce que j’ai à la cheville? » Depuis 1 km ou deux ma cheville commençait à m’envoyer des signes d’inconforts. « Qu’est-ce qui se passe? Est-ce possible qu’il y a une légère inclinaison dans le chemin et que ce soit suffisant pour créer cette sensation? Dirige-toi vers le milieu de la route Carole. Ah mais non, c’est la même chose. Le chemin entier est incliné vers la gauche et il semblerait que ce soit ainsi encore quelques kilomètres.» En voyant un homme se diriger dans l’herbe sur l’accotement : « Fait comme cette homme Carole, ce sera sûrement mieux. » Je me dirige vers l’accotement et commence à courir dans l’herbe. « Ah oui, c’est mieux. Fait juste attention pour ne pas te fouler une cheville. » Il manquerait juste cela!

15E KM

« Bon, je pense que mon pansement pour mon ampoule au pied droit à bougé. J’espère qu’il ne bougera pas plus parce qu’il reste un bon nombre de km à parcourir. De plus, tu n’as pas le temps d’arrêter Carole. Imagine le temps que ça te prendrait pour arrêter, enlever ton soulier, enlever ton bas à orteil (anti-ampoule et frottements entre les orteils), replacer/changer le pansement, te battre pour remettre le bas, enfiler/lacer la chaussure à nouveau… c’est au moins 3 minutes!!!!! Tu n’as pas le temps Carole, bouge ton orteil et essai de le replacer en courant. » Je me mets frénétiquement à faire danser mes orteils dans mon soulier de façon à essayer de replacer ce fameux pansement. Sans succès.

« Mais il te faudra bien arrêter pour marcher à un moment donné ou pour aller à la toilette Carole. Tu n’auras qu’à replacer ton pansement à ce moment. Essai de trouver un endroit où tu pourrais arrêter et ne pas perdre beaucoup de temps. » Les toilettes étaient occupé avec de longues (3-4 personnes) lignes d’attentes… « Oublies cela…»

17E KM

« Ok, il est le temps pour un autre petit arrêt au point d’eau Carole. » Marche, boit, compte (15-16-17…28-29-30-31 secondes) et en passant devant une toilette portative je remarque qu’elle est libre! « Ok, c’est une chance inespérée. Vite, vite, vite Carole. » Avec le verre d’eau à moitié plein dans la bouche, je m’élance vers la toilette! « Non mais, peux-tu me dire pourquoi tu as décidé de te mettre des spandex pendant une course Carole? Pas très brillant! » 42, 43, 44… 56-57-58 secondes… « Vite, vite, vite ton 60 secondes est presque terminé! Pas le temps pour le pansement. Tu t’en occuperas lors de ton prochain arrêt.»

20E KM

Je prends le temps d’arrêter pour attacher ma chaussure droite plus fortement. Je sens que mon pied glisse et je me demande si ça peut expliquer cette sensation d’inconfort au niveau de l’orteil où se trouve mon ampoule. Je repars en réalisant que j’ai trop serré les lacets… deuxième arrêt pour réajuster le tout.

De retour en ville, je regarde le paysage et les gens sur le bord de la route qui nous encourage. « Que c’est beau! Que c’est plaisant! Je me sens super bien, forte, en forme! Wow, il faut que ça continue ainsi jusqu’à la fin! » 

22E KM

« Le negative split est fait Carole, il est temps de penser à augmenter légèrement la cadence. Mais pas trop. Après tout, tu ne sais pas ce qui t’attend passé le 32 km. »

J’entends soudainement quelqu’un crier mon nom à travers la musique. « Non, mais j’hallucine ou quelqu’un me parle? » Je me tourne et regarde un peu partout. J’aperçoit soudainement les conjointes de nos amis, mon ami ainsi que Maria Paula dans une auto qui passe juste à côté de moi. Je me lève les bras dans les airs afin d’exprimer ma joie et je me surprends à crier en même temps qu’eux : « Wouhou!!!!!!! Oups, Carole je pense que tu viens d’éclater les tympans de ton voisin de course. » J’avais oublié que j’avais des écouteurs… haha!

25E KM

Une petite baisse d’énergie commence à se faire sentir. Je remarque que ma cadence à légèrement diminuée. « Ok Carole, il est bien important que tu arrête à chacun des points d’eau maintenant avant que la fatigue se pointe en toi. Oublies pas le fameux mur du 32 km!» Je descends quelques mètres avant d’atteindre une courbe lorsque j’entends encore quelqu’un crier mon nom. « Non, mais je rêve où c’est ma belle gagne de cheerleader de tout à l’heure? » Et oui, mes amis étaient sur le bord de la route avec les caméras en main. Les deux bras dans les airs, le sourire aux lèvres, je ne peux pas m’empêcher de crier encore une fois et aussi fortement je pense! « Merci pour le petit boost d’énergie les amis! »

Je complète la courbe et je vois en avant de moi un pont avec une petite colline. « Ce n’est pas grave Carole, tu aimes les collines, non? Et bien, pas vraiment… But every hard thing in life, makes you stronger. Go girl, petits pas et flotte, flotte, flotte!!!! »

26E KM

« C’est quoi que je vois de l’autre côté, des coureurs qui reviennent? OMG, c’est le coureurs et coureuses du 3 hrs ça? Ouff, de vrais machines! Il leur reste quoi, environ 5-6 km? Wow, que c’est beau! »

27E KM

« Carole, tu cours beaucoup TROP vite.» Ma montre venait d’afficher 4:06 minutes/km!!!!! Quoi? Je ne fais même pas cette vitesse dans mes sprints (et bien, parfois, mais…)  « Ok, c’est ça que ça fait avoir des gens qui t’encourage? Super, mais ralentie!!!!! Tu vas te brûler!»

29E KM

« Carole, je t’avais dit que tu courais trop vite. Tu vois, tu dois arrêter maintenant et marcher alors qu’il n’y a même pas de point d’eau…. » Petite baisse d’énergie venait de se faire sentir. J’entendais le petit démon orgueilleux sur mon épaule me dire : « Carole, tu marches tout simplement parce qu’il y a une petite colline et que c’est plus rapide marcher que de courir cette colline. » Quoi? C’est fou comme notre tête peut en dire des niaiseries!

30E KM

Un autre arrêt dans un point d’eau à peine 1 km plus loin… 90 secondes cette fois… « Ah, c’est ça le prix à payer Carole pour n’avoir pas suivi ton plan de match. »

31E KM

« Oh my God, le mur approche. Le 32 km est sur le pas de la porte! » Quand tu n’as jamais connu ou vécu un mur, ça t’inquiète. Tu ne sais pas à quoi t’attendre. Tu t’imagines le pire, et ce, surtout lorsque tu as lu un article la semaine auparavant te le décrivant comme étant pratiquement un moment de paralysie sportive! « Arrête de t’inquiéter Carole. Tu vas être correcte. Ce dernier point d’eau a été récupérateur. Ne commences-tu pas déjà à le ressentir dans tes jambes? » 

Une belle petite descente se présente à moi. « Carole, laisse toi descendre, laisse tes hanches et genoux faire le travai. Profites encore une fois de ce moment de récupération. »…même si je sais pertinement que plus les jambes sont fatiguées, moins une descente est équivalente à récupération absolue.

32E KM

« Ok, il est où ce fameux mur? L’ai-je frappé au 29e quand j’ai dû arrêter pour marcher sans qu’il y ait un point d’eau? Viendra-t-il au 34e? » À ce point, à moins de 10 km avant la fin, mon objectif était d’augmenter la cadence, mais ne sachant pas ce qui m’attends, je n’osais pas. Voilà la beauté de l’expérience…que je n’avais pas! En plus, j’aperçois de plus en plus de gens sur le bord de la route qui marchent, d’autres qui boitent, d’autres qui saignent…et même certains avec une équipe médicale! « Ok, maintenant je commence à comprendre qu’il n’est pas normal de courir un marathon. »

33-34E KM

« Wow, quelle sensation ça fait de retrouver ses jambes. Je le savais qu’elles reviendraient. C’est toujours ainsi. Profites-en Carole, il te reste moins de 10 km et tu as encore de l’énergie. Je me demande si j’en ai suffisamment pour augmenter la cadence un peu? Allez, laisse toi transporter par la musique, connecte toi à ton souffle, à tes hanches, à ton corps tout entier. Médite en mouvement… Tu sais comment ça se fait, non? Transpose ton yoga…» Il faut avouer qu’il m’arrive souvent de chanter pendant que je cours. Il y a des chansons où j’aurais même le goût de danser parfois! haha! La vie est belle, non?

« Tu vois Carole, tu commences à dépasser des gens. C’est bon signe. Ça veut sûrement dire que tu n’as pas si mal géré ta course après tout. Mais ne donne pas tout ce que tu as tout de suite car il te reste encore 8-9 km à parcourir. »

35E KM

Un autre petit point d’eau. « Il ne t’en reste pas long Carole, 7 km! » Et je repars. « Ouff, ça c’est quelque chose. On dirait que l’on vient d’accrocher à mes jambes deux sacs avec une tonne de briques dans chacun. Ouff, j’ai aussi une autre sensation étrange au niveau de l’aine de ma hanche gauche. On dirait que je suis bloquée. Je pense qu’un petit papillon et un pigeon pourrait sûrement aider. Voyons Carole, tu n’as pas le temps d’arrêter pour faire du yoga sur le bord de la route. » À ce point, le corps commence à vous parler un peu plus sérieusement… « Carole, ne l’écoute pas et continue tout simplement. Tu sais que c’est à moitié dans ta tête et tu sais qu’il y aura des moments pires que cela dans le futur. Tu es forte! Continues! No pain, no gain! »

37E KM

« Flotte Carole, flotte! Ne penses pas à tes jambes, hanche, orteil… Essai de prendre un peu de vitesse, il ne te reste que 5 km.» Oubliez ça les amis prendre de la vitesse à ce point-ci… ce n’est plus toi qui commande! haha! Il y a une bataille entre ta tête et ton corps!

38E KM

Plus on approchait de la ligne d’arrivée et plus il y avait de personnes sur le bord de la route. « Wow, regarde cette foule Carole. » C’est toujours plaisant de voir et d’entendre des gens sur le bord de la route crier ton nom et t’encourager.

Les coureurs du demi-marathon nous rejoignent soudainement à un croisement de chemin pour terminer la course.« Wow, regarde toutes ces personnes Carole. C’est merveilleux de courir ensemble comme cela. Ok, il n’en reste pas long, prend de la vitesse. » J’ai essayé tant bien que mal de prendre de la vitesse… quelques mètres plus loin et… « Oublies ça Carole, ton corps est GAME OVER. Tu as une bonne cadence, pourquoi aller plus vite? N’essaies pas de suivre les gens du demi-marathon. Vous ne faites pas la même course après tout. »

40E KM

« Carole, n’y pense même pas. Si tu arrêtes à ce dernier point d’eau, il te sera impossible de recommencer à courir. On dirait que tu as les deux pieds et les deux jambes qui s’enfoncent dans le ciment! Je suis certaine que si tu arrêtes, tu devras recommencer à courir comme un pingouin! » haha!

Même si je connais bien l’histoire de la création du marathon, c’est à ce point que tu te poses malgré tout des questions du genre : « Qui a pensé faire un marathon 42,2 km? Pourquoi pas 40 ou 45? Non mais est-ce seulement moi où ça nous joue dans la tête ce 2,2 km!!! »

20 secondes après… « Wow, ça finit déjà! Quatre mois d’entraînement qui viennent de passer en 4 h et quelques…»

500 MÈTRES AVANT LA FIN

« Oh yes, j’arrive. »

400 MÈTRES AVANT LA FIN

« Ok, un autre 100 mètres de fait! »

300 MÈTRES DE FAIT

« On arrives-tu? »

200 MÈTRES AVANT LA FIN

« Ça finira jamais! »

100 MÈTRES AVANT LA FIN

En entendant un homme à côté de moi dire à sa femme de regarder le poste d’arrivé en avant :« Regarde Carole, c’est l’arrivée! Youpi! » En regardant un peu plus prêt : « Ah non, c’est juste une passerelle pour que les gens puissent traverser le chemin de la course!!!!!!!! Non, mais qui a eu cette brillante idée de mettre une passerelle quasi identique à l’installation de l’arrivée à cet endroit? Certainement pas un marathonien! C’est comme un instrument de torture ça! »

50 MÈTRES AVANT LA FIN EN VOYANT FINALEMENT L’ARRIVÉE

« Carole, n’oublie pas d’arrêter au deuxième point d’arrivée. Si tu arrêtes au premier, on dira que tu n’as pas terminé ton marathon! »

C’EST TERMINÉ…

Marche pour récupérer l »eau… pingouin, pingouin…

Marche pour récupérer médaille… pingouin, pingouin…

Marche pour récupérer la couverture thermique… pingouin, pingouin… « OMG, il faut vraiment que je me penche pour aller chercher cette couverture. No way! Je préfère geler. Voyons Carole, tu ne peux pas sortir du site sans couverture. Fiouf, regarde, il y a une dame plus loin qui donne les couvertures dans ta main et tu n’auras pas besoin de te pencher. »

Marche pour récupérer les barres et les bananes… pingouin, pingouin…

Marche pour sortir du site… même histoire, but who cares, I JUST FINISHED A MARATHON!!!

Pas pire pour une fille qui détestait à mourir courir au début!!!!! Croyez en vous les amis parce que vous êtes capable de bien des choses lorsque vous vous y mettez!!!!! Et lorsque ça deviendra difficile, prenez le temps de lire les pancartes sur le bord de la route, elles auront au moins l’effet de vous changer les idées pendant quelques instants!

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