YOU MUST FIND THE PLACE INSIDE YOURSELF WHERE NOTHING IS IMPOSSIBLE.

Deepak Chopra

Avez-vous déjà songé à ce que ça peut représenter et comment on peut se sentir de courir une distance qui va au-delà d’un marathon? Oui, je dis bien courir 50, 60, 70, 80, 100, 160 km et plus… Jamais je n’aurai pu me l’imaginer, encore moins vouloir faire quelque chose du genre un jour dans ma vie… jusqu’à ce que je visualise la vidéo d’un des événements qui déclenchera en moi le goût de vivre une aventure hors du commun, au bout de mes limites, soit le fameux Marathon des Sables.

A DREAM, A PURPOSE…

Qu’est-ce que ce marathon? Une course à pied créée en 1986 qui se déroule au Maroc. Qu’est-ce qu’il y a de particulier avec cette course? C’est une course d’une distance d’environ 250 km sur 6 étapes de 20 à 80 km par jour, dont une étape marathon de 42 km et une étape non-stop d’environ 80 km en partie de nuit. Comme si cela n’était pas suffisant, c’est une course en autosuffisance alimentaire ou chaque concurrent doit porter sur son dos sa nourriture pour une semaine… Ah oui et j’oubliais, c’est dans le désert marocain… Vous savez les tempêtes de sable, les dunes, le sable qui glisse sous les pieds et ces fameux 50 degrés?!!!!

Wow, un rêve est né!!!!! Folle vous me direz! Oui, je le sais, COMPLÈTEMENT DISJONCTÉE la fille! Mais prenez le temps de regarder la vidéo ici-bas avant de me juger… J’ai à peine eu le temps de terminer cette vidéo que j’ai senti mon coeur s’enflammer… Vous savez cette sensation lorsque l’on tombe en amour avec une personne? Papillon dans l’estomac, excitation, pensées obsédantes, sourire constamment affiché sur le visage pour aucune raison apparente… Oui, en 5 minutes de vidéo mon corps s’est emballé ainsi… et cette sensation prend de l’ampleur à chaque fois que j’en fait le visionnement. Avec le temps, j’ai apprit à écouter les signes quand il se présente et, celui-là, il n’aurait pas pu être plus clair.

Mais comment se rendre là? Comment passer d’une marathonienne à une hyper ultra marathonienne? La réponse n’est pas encore claire, mais plus je cours, plus je lis, plus j’en parle, plus je vis, plus je me laisse submerger par ces visualisations, plus j’entoure mon quotidien de cette perspective… plus j’ai confiance, plus je sens les morceaux de mon casse-tête de 1 000 (ok peut-être 10 000, haha!) morceaux se mettent en place.

Je me sens un peu comme Christophe Colomb, parti en mer à l’aventure et à la découverte de terres inconnues…

PASSER DU MARATHON À L’ULTRA MARATHON…

Avant d’avoir même terminé mon premier marathon, je savais déjà que je voulais courir plus loin que cette distance, pousser les limites du possible, de l’imaginaire. En faite, en m’entraînant pour le marathon, mentalement je m’entraînais déjà pour mon ultra… J’ai vu dans les yeux de quelques personnes à qui j’ai parlé du fait que je souhaitais courir au-delà d’un marathon (sans parler du marathon des sables) le doute, l’incertitude et presque l’effroi! Pourtant, je n’ai pas arrêté d’y croire… il fallait seulement que je me décide. Et c’est en avril que les premiers pas se firent, et ce, plus précisément le 19 et 22 avril…

19 avril 2013

Il n’y a pas de meilleures occasions qu’un petit souper au resto pour parler à Juan et Maria Paula que mes pourparlers (oui, ça faisait un bout que j’en parlais indirectement) de courir un ultra marathon se confirmaient de plus en plus. En faite, je voulais leur annoncer que j’avait trouvé mon premier défi : Ghost Train Rail Trail Race. Une course en boucle (15 miles) avec un temps limite de 30 heures et distance possible de 15 miles à 100 miles (et un peu plus pour les aventureux). Donc, une course ouverte variant entre 24 à 160 km. Mon objectif : 80 km!!!

Réaction de Juan : « T’es folle, mais je sais que s’il y a quelqu’un qui est capable, c’est bien toi et on y va! »

Réaction de Maria Paula : FULL EXCITED de me soutenir, de dormir sur une chaise en attendant que je passe la ligne d’arrivée et pas question de ne pas participer à quelque chose qu’elle aimerait aussi possiblement faire un jour dans sa vie! Je lui ai dit que je servirais de cobaye! haha!… sauf qu’elle ne savait pas à ce moment qu’elle finirait aussi par s’inscrire et courir une partie!

22 avril 2013

C’est fait, je viens de finaliser mon inscription. J’écris à Juan pour lui partager la nouvelle en lui disant que c’est seulement pour garder ma place… yeah right! Il me réponds : « Félicitations. C’est un GRAND CONTRAT que tu viens de signer, mais je suis CERTAIN que tu vas réussir!!! », même si je suis certaine que dans le fond de sa tête, il devait déjà commencer à s’inquiéter pour mes articulations! haha!

AVRIL DÉFILE… MAI DÉFILE…

Je n’en parle pas à personne autour de moi, sauf deux ou trois personnes… mais je lis, je planifie, je rêve…

LE MARATHON SE RÉALISE…

Une semaine à peine après je recommence l’entrainement, mais cette fois un entrainement conçu pour réaliser un ultramarathon. J’ai des doutes, je commence à avoir peur, la réalité de pointe de plus en plus dans ma tête. Vais-je vraiment pouvoir courir 80 km lors de cet ultra de la fin octobre? Vais-je même pouvoir me rendre à cet ultra avec un corps prêt et en santé? Ma tête me réponds : « Oui, non, oui, non, oui, non, oui, non… »… Ahhhh intellect, logique et raisonnement, allez vous coucher et laisse le coeur parler!!!!

Pendant cette période, j’écris à mon ami qui cours des ultras et qui sera possiblement à cette même course. Il me rassure, me guide, m’encourage, mais me mets carte sur table… « Tu auras des hauts et des bas… de très hauts et de très bas… ça fera mal, très mal et ça, on ne peut pas l’expliquer, on le vie tout simplement. » Il ajoute : « C’est à ce moment précis que tu te dis, j’adore la course. »

Merci Denis!

POURQUOI COURIR UN ULTRAMARATHON?

Question en apparence simple, mais la réponse ne l’est pas autant…

Jusqu’à la fin de semaine dernière, je dirais que mon intention première de courir un ultra marathon était pour me dépasser et accomplir quelque chose qui est pour moi extraordinaire. J’aime me fixer des objectifs qui font sortir de ma zone de confort et qui m’amène à me surpasser… et comment ne pas se surpasser lorsque l’on décide de courir 80 km qui nous prendra possiblement 11 h minimum  en se fiant au temps que j’ai fait lors de mon marathon d’Ottawa!

Mais vous voyez, j’ai écrit jusqu’à la fin de semaine dernière… Oui, quelque chose à changé. J’ai eu la chance de visionner sur une conférence en ligne d’un ultra marathonien frutarian (oui, un crudivoriste qui ne s’alimente que de fruits), Michael Arnstein, qui fait de plus en plus sa marque dans le monde des ultras marathons. Quoique la conférence dans son ensemble était intéressante, il y a une partie en particulier qui a complètement transformée ma vision de ce défi et qui est venu me toucher au plus profond de moi-même. Je vous résume du mieux que je peux, et sans prétention, sa vision d’un ultra marathon.

Un ultra marathon, est-ce une distance ou une façon de vivre?

Un ultra marathon, est-ce une distance ou un état d’être pendant que la course?

Un ultra marathon, est-ce une course à pied ou une course en soi?

Ainsi, au-delà de la définition voulant qu’un ultra marathon soit toute distance excédent celle d’un marathon standard (42,2 km), pour lui, un ultra marathon n’est pas une distance… mais bien une façon d’être, un cheminement qui se vit autant à l’intérieur qu’à l’extérieur… en 4 phases : la phase physique, la phase mentale, la phase émotionnelle et la phase spirituelle. Là on parle d’autres choses que « seulement » courir!!!

La phase physique, avec l’utilisation du corps, est possiblement celle qui est la plus facile à saisir pour la plupart des gens, même si vous ne courrez pas. Mais qu’en est-il lorsque l’on court au point ou notre corps ne veut plus physiquement avancer? Il va sans dire que la distance pour atteindre cet état est très variable pour chaque individu, chacun ayant leur propre expérience en course à pied. Il semblerait que la plupart des individus choisiront de ne pas traverser cette phase  et décideront d’arrêter de courir une fois que leur corps est fatigué, en douleurs, voire complètement épuisé. Comment passer à l’autre niveau et dépasser ces barrières physiques? Travailler sur ce qui se passe entre nos deux oreilles, notre mentale, notre perspective… seulement cette force mentale nous permettra d’aller  de l’avant malgré tous les signes, tous les cris physique, qui nous disent d’arrêter.

On m’a souvent parlé de cet état (ou de cette capacité) pendant mon entrainement de marathon et aussi pendant le cheminement vers le début de la préparation de l’ultra marathon. On m’a répété que faire un marathon était 50 % dans nos jambes et 50 % dans notre tête; ces proportions s’agrandissant au fur et à mesure que la distance augmente, en faveur du mental. Pendant le marathon et une ou deux séances d’entrainement, il m’est arrivée de me demander pourquoi je faisais cela, de me questionner sur la logique de continuer à courir malgré la fatigue, la douleur. Toutefois, jusqu’à maintenant, je dois admettre que ce n’est que la fin de semaine dernière lors du demi-marathon de Sherbrooke que mon mentale a été le plus mis à l’épreuve. Oui, pendant cette distance qui est rendu quasiment habituelle (sans vouloir diminuer le demi-marathon qui est un exploit en soi, on s’entend!!!) et routinière pour moi (cours à chaque fin de semaine), j’ai presque connu l’enfer sur terre!!! Je vous explique. Jusqu’au 10e km, ma course se déroulait à merveille, mon allure était excellente, mon temps est EXCELLENT et je devenais de plus en plus certaine que j’allais pouvoir établir le record un peu ambitieux que je m’étais fixé deux jours avant. Wow, déjà je commençais à ressentir un sentiment d’accomplissement… jusqu’à ce que des maux de ventre qui dureront le restant de ma course, soit un autre beau 10 kilomètres, se présentent. J’ai souffert, j’ai dû pratiquer ma respiration, me concentrer sur des pensées positives et essayer de continuer à avancer. Mon corps m’a fait signe un moment donné à travers des sueurs froide et la chaire de poule alors qu’il fait 25 degrés que je poussais les limites. Deux choix se présentaient à moi (en faite trois, mais abandonner était impensable) : 1) ralentir, terminer ma course avec autant de douleurs, moins mal en point, mais avec un temps loin de celui que je m’étais fixé ou 2) me dire que la douleur est quelque chose d’éphémère, que mon mentale est capable de passer par dessus, que l’ultra marathon sera encore plus difficile et que je peux terminer ce demi-marathon avec une bonne performance en donnant tout ce que j’ai! Quelle décision ai-je prise? J’ai décidé de marcher 1 minute ou 2 lorsque les sueurs froide, qui était pour moi un signe d’alarme, se sont présentées et ensuite de recommencer à courir avant autant d’entrain en essayant de penser à autre chose qu’à cette douleur inimaginable que j’avais au ventre. La douleur était tellement forte que j’ai été cloué sur le sofa et au lit une partie de la journée… Résultat : j’ai presque atteint mon objectif, avec 26 secondes en plus, mais comptant une amélioration de 4:15 minutes. Laissez moi vous dire que j’aurais pu, j’aurais voulu, mais qu’il n’était pas question que je cède. Et vous savez quoi? Avec du recul, j’en ai apprit un peu plus sur moi cette journée là.

Qu’est-ce qui se passe lorsque le corps dit non, que le mental dit non, mais qu’il y a une partie de vous qui persiste à vouloir continuer? Michael décrit cet état comme courir avec du coeur… la phase émotionnelle de l’expérience de l’ultra marathon… qui fera certainement vivre plusieurs émotions. À ce titre, je me souviendrai toujours de la 4e phase du Tour de l’espoir. Cette fameuse journée du 174 km à vélo. Je cite ce que j’ai écrit sous une de mes photos Facebook avec sac de glace dans une main et anti-inflammatoire dans l’autre :  » Bilan de la journée : 174 km en tout aujourd’hui dont 90 km en douleurs (pincement au genou droit). A chacun des coups de pédales, j’avais l’impression qu’on me plantait un bistouri dans le genou. Plusieurs m’auraient dit d’arrêter,  ma tête en certaines occasions m’a dit que ce n’était pas sain et bien de me faire souffrir ainsi. Toutefois, mon coeur s’est dit a chacun de ses coups de pédales, qu’une personne qui souffre du cancer et vit des traitements n’a pas le luxe de débarquer de son vélo et abandonner. Elle doit continuer à lutter et aller de l’avant… et c’est ce que j’ai fait. J’ai terminé ma journée sur mon vélo. » … avec plusieurs larmes de douleurs et de bouleversement émotionnelles séchées derrière mes lunettes. Ma tante souffrait à ce moment et il n’était pas question que je l’abandonne… J’ai ainsi partagée une petite partie de sa souffrance cette journée là… et je pense que c’est cette journée qui sincèrement a donné tout le sens à cette expérience. Est-ce que je revivrai cet état un jour? Je n’en ai aucune idée, mais je sais que si je le vis à nouveau, je ne le regarderai plus de la même manière et j’essayerai de m’y connecter.

Maintenant, qu’est-ce qui se passe lorsque l’on combine ces trois états? Quand votre corps est à son point culminant et qu’il donne tout ce qu’il peut? Quand votre mental vous pousse au-delà de vos limites personnelles et absolues? Quand vous courrez non plus avec vos jambes, votre mental, mais bien avec votre coeur et vos émotions? Il semblerait que c’est à ce moment que la définition non dite de l’ultra marathon prend tout son sens

C’est ça maintenant qui me propulse de l’avant et qui m’amène plus que jamais à vouloir réaliser ce défi. Une course qui changera sûrement bien des choses dans ma vie. Il ne faut pas avoir peur du changement. Il faut le voir comme un cadeau qu’offre la vie à qui veut bien le saisir et s’en laisser submerger!

J’ai longtemps hésité à vous partager ce récit, à vous partager mon rêve ambitieux. Pourquoi? Par doutes envers moi-même de ne pas pouvoir réussir… des doutes qui sont encore présents. Par craintes de me faire juger et décourager par les autres… des craintes qui sont encore présentes. Par peur de ne pas me rendre à cette journée du mois d’octobre mon corps n’étant pas en point… un peur qui est encore présente. Donc, pourquoi je vous partager ceci, si j’ai autant de peurs et appréhensions qu’avant? Parce que j’ai réalisé que je n’ai rien à perdre, mais tout à gagner. À chacune de mes courses, je deviens plus forte physiquement. À chacune des courses ou je vais plus loin, mon endurance se développe. À chacune des courses ou je me pousse, je me découvre. Plus j’avance dans cette voie et plus je vois cette possibilité de courir mon premier ultra se présenter à moi… que ce soit en octobre, tel que prévu, ou dans un avenir plus lointain. Dans tous les cas, je vis déjà une expérience hors de l’ordinaire et extraordinaire!!!

DON’T BE AFRAID TO FAIL…

Quatre mots ressorties d’une superbe vidéo d’inspiration d’Arnold Schwarzenegger qui ont changé mon expérience actuelle du tout pour le tout. Lorsque tu n’as pas peur de tomber, tu n’as pas peur d’entreprendre n’importe quoi, même les rêves les plus fous! Et pour toutes ces raisons, je n’ai pas peur de le partager, car je suis déjà gagnante sur tous les points…

Qu’importe le but, c’est le chemin parcouru…

…et ce chemin ne se parcours pas seul…

Merci Juan d’être mon ancre… Ta confiance inégalée en mes capacités, ma force mentale, en même temps que l’incertitude que ça peut créer en toi de savoir que je ne baisse jamais les bras devant un défi et qui peut m’amener à pousser les limites de façon exagérée, me propulse vers l’avant et m’enracine en même temps dans la réalité de cette expérience qui sera des plus difficiles, j’en suis consciente…

Merci Maria Paula d’être ce bateau stable qui vogue parfois parmi la tempête… Ton oreille toujours, TOUJOURS présente est un cadeau en or qui me permet de sortir ce trop plein de joie, de doutes, de préoccupations, de découvertes…

Merci Denis d’être mon phare… Tes conseils, ton aide, continuent de m’éclairer dans le brouillard sans quoi j’aurais davantage peur de m’échouer sur les rochers dans le bord de la cotes…

Merci Claude de m’avoir donné un paysage à admirer en mer… Ton énergie, ta conférence, ton message et Cliff!!! Tu sais que j’ai pleuré derrière ma caméra cette soirée là?! Tu m’a donné un paysage à regarder, d’ici à ce que j’y arrive, et je dois dire qu’il est à couper le souffle!

Et merci à toutes les personnes qui m’encouragent, même si elles peuvent parfois douter devant l’ampleur du défi qui m’attend, et me poussent à réaliser cette première étape vers un rêve encore plus grand qu’est celui du Marathon des Sables… Les rayons de soleil que vous diffusez parmi les nuages, font de ce voyage, un qui en vaut la peine, même s’il peut être tumultueux par moment et long…

Je suis maintenant en mer et je sais qu’un jour je toucherai le sol… et là l’aventure ne fera que commencer!

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