À quoi ressemble une semaine d’entrainement lorsque l’on veut courir un ultra-marathon?

Courir, courir, courir, courir… ah oui, et encore courir!

Est-ce que l’on devient fatigué à s’entraîner ainsi? Oui, certains jours…

Est-ce qu’il y a des matins où nous aimerions rester coucher au lieu de se lever à 5 h et aller courir? Oui, certains jours…

Est-ce qu’il y a des soirs, après une journée de travail de 14 heures, où nous aimerions nous étendre à l’horizontal et écouter la télévision au lieu d’enfiler nos souliers? Oui, certains jours…

Est-ce qu’il y a des journées où il fait tellement chaud, que le simple fait de penser aller courir et on sent son corps riposter en commençant à suer et pratiquement se déshydrater volontairement pour nous empêcher d’y aller? Oui, certains jours…

Est-ce qu’il y a des jours où après avoir couru une semaine de 80-90 km, on se demande si nous aurons l’énergie pour courir une autre longue « run »? Oui, certains jours…

Est-ce qu’il y a des jours où notre corps (dans mon cas, mon mollet gauche) nous dit qu’il nous donnera la vie dure si nous retournons courir? Oui, certains jours…

Qu’est-ce qui se passe lorsque toutes ces questions; toutes ces journées convergent en une seule? On dit à notre corps : « Je vais te montrer qui est le boss… » et on part pour un 24 km de ressourcement en montagne à du 34 degrés, un lundi soir après une journée de travail, après une semaine de 80 km en course à pied, après une semaine de 150 km en vélo, avec aucune journée de repos et une longue « run » couru 2 jours avant! Masochiste sur les bords vous me direz? Peut-être…passionnée plutôt? Centrée sur son objectif? Mon chum Juan n’était tellement pas convaincu de mon « état d’esprit » haha! qu’il a décidé de m’accompagner! Je pense qu’il avait peur que je pousse les limites et que la chaleur me fasse vomir (désolée pour le langage) sur le bord des pistes! Hey, avec toutes les histoires que je lui ai raconté, et fait visionner (sparthatlon), il sait que c’est une possibilité très présente chez les ultramarathoniens! Une chance que je n’en suis pas encore une… il n’y a ainsi aucune inquiétude à avoir! 😉

Mon coach m’a dit au courant des dernières semaines : « Make the best of each run. »… Laissez moi vous dire qu’il n’a pas dit cela à des oreilles sourdes! Et je pense que c’est ce qui fait peur à Juan parfois… la preuve quelques semaines passées, je me suis dites qu’il serait « intéressant » d’aller courir un 30 km aux petites heures du matin pour « tester » mes capacités étant endormie! Belle expérience! Il faut dire que pour des ultramarathoniens, ces réalités semblent habituelles et presque banales, mais pour moi qui a commencé à courir environ un an passé, et bien, puis-je vous avouer que je me suis donnée une petite tape sur l’épaule en arrivant à 3 hrs du matin!?

Voilà, il est 17 h 30 et je pars… Savez-vous quoi? BEST RUN EVER!!!!!!!!!! Il y a de ces moments où les jambes courent sans efforts, seules, automatiquement, où les cuisses vous permettent d’escalader, de descendre à des vitesses surprenantes, où l’énergie est présente, où le souffle est parfaitement en union avec chacune de vos enjambées… Comparativement à ma « run » presque atroce de 29 km en préparation pour le marathon, c’est plaisant!

Je vois le regard de Juan, presque ébloui devant cette course qui apparaît si fluide… Je pense que j’ai faillit lui faire avoir une attaque lorsque j’ai poussé, à un moment donné, un cri d’exaltation. Le HIGH du coureur???? Peut-être… mais pour quelqu’un qui n’était pas dans ma tête à ce moment, pouvez-vous imaginer le scénario qui se passait dans la sienne? Un ours à nos trousses? haha! Ses paroles, en paraphrasant… « Si tu continues de courir comme cela, tu ne pourras plus douter de ta capacité à courir cet ultramarathon en octobre Carole. » Même si je dois avouer que l’opinion externe m’importe peu (à l’exception de celle de mes parents, qui j’imagine sont sûrement entrain de développer des ulcères d’estomac à l’heure actuelle à s’inquiéter pour leur fille), laissez-moi vous dire que ça donne un peu plus confiance lorsqu’on entend quelque chose du genre! Pourquoi? Parce que je doute? CERTAINEMENT que je doute!!!! Après tout 80 km, c’est presque se rendre à Rivière-du-Loup à partir de Saint-Jacques ou encore courir deux marathons!

Moral de l’histoire?

On ne sait jamais ce qu’une course nous réserve… Même lorsque tout semble indiquer que ça sera une course difficile et qu’il est possible que nous en payerons le prix, nous ne savons jamais de quel côté ça va tourner. La seule façon de le savoir est d’enfiler nos espadrilles et d’aller à la rencontre des km.

On ne réalise pas toujours la force physique que nous avons acquise… Et il est parfois nécessaire de nous « tester » pour le découvrir… et il n’y a pas de meilleur test que de partir à l’assaut des intervalles continuels en montagne mes amis!

On ne réalise pas toujours que nous sommes plus fort mentalement que nous le pensons… Plusieurs personnes m’ont demandé cette journée là si j’allais courir malgré la chaleur suffocante et j’ai répondu à chacune de ces personnes un gros OUI… sans questions! Pluie, neige, chaleur, humidité… si vous ne perdez pas de vue votre objectif (à mon poignet droit se trouve une belle bille pandora en format de fantôme – mon prochain défi ultra-marathon Ghost Train Trail Race – que je n’enlève jamais), il est peu probable que vous perdiez votre motivation. Au contraire, vous risquez fort probablement de trouver en vous-même une force de caractère et une détermination dont vous ne connaissiez peut-être même pas l’existence.

C’est lors de moments de la sorte que nous réalisons à quel point il est plaisant courir… surtout quand nous pouvons le faire dans un endroit aussi majestueux que la forêt. Que demander de plus? Je ne peux vous dire à quel point ça vaut le coup de connaître nos superbes pistes de vélo et j’en profites, par le fait même, pour faire un peu de promotion pour le Club de Vélo Edmundston. Un peu plus de 50 km de sentiers au coeur même de notre ville, ce n’est pas rien! Merci à vous chers camarades cyclistes de nous offrir d’aussi beaux sentiers et des kilomètres de ressourcement dans la nature.

Si jamais l’envie de courir en montagne vous prend, n’hésitez pas à me faire signe! Il me ferai un plaisir de vous faire découvrir ce petit paradis sur terre à Edmundston. Je vous garantie que l’essayer, c’est l’adopter. Votre expérience à la course à pied ne sera plus jamais la même. Et si vous décidez de tenter l’expérience par vous-même, chers amis coureurs, oubliez vos écouteurs à la maison. Non seulement la nature offre la plus belle des musiques, mais je pense que vous êtes en mesure d’imaginer les conséquences potentielles de ne pas entendre nos amis cyclistes arriver! 😉

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