You have willpower…
You’re strong…
Embrace the pain…
Rock this
Love

Des mots à moi, de moi, pour moi avant une autre grosse course… Oui, on est rendu là… au jour fatidique où je sortirai encore une fois (non pas que je n’aime pas cela) de ma zone de confort pour pousser mes limites. Mon deuxième marathon à vie et mon premier 50 km en course à pied! Oui, premier ultra-marathon en entrainement!!!!

C’est ainsi que je me retrouve seule à la ligne de départ du Marathon de Saint-Jean. Juan n’est pas là, étant en pleine conquête de ses propres limites en souhaitant terminer un beau 700 km de vélo, en 3 jours, dans le cadre du Tour de l’espoir. Même s’il sait que je vais courir le marathon, Juan n’est pas au courant que je veux tenter « l’impossible » ce jour là et faire mon premier ultra-marathon. Je ne souhaitais pas le faire tomber de son vélo ;), le préoccuper et je voulais surtout lui faire la surprise. J’ai donc décidé de garder ce « petit détail » secret… que j’ai tout de même partagé « en cachette » à quelques personnes pour un peu d’encouragement. Après tout, courir un marathon, passer la ligne d’arrivée et continuer à courir jusqu’à 50 km, ça donne un peu la frousse!

Donc, me voilà avec une belle gagne de personnes qui semblent toutes aussi passionnées les unes que les autres (c’est super l’ambiance lors des courses). Je regarde devant moi la montée avec laquelle nous allons commencer et j’analyse encore une fois mentalement le parcours… Vous voyez, il semblerait que le marathon de Saint-Jean ne soit pas une course idéal pour faire un temps personnel record (PR). Je vous résume le trajet : monte, descend, monte, monte, descend, monte, monte, monte encore, descend, descend, descend… et quand nous pensons que les montées sont terminées, on trouve de beaux faux plats qui n’en finissent plus. Des tronçons plats? Ça n’existe pas à Saint-Jean!

Ne voulant pas faire mon premier entrainement de 50 km seule, je me suis dites que ce serait une bonne idée de m’inscrire à un marathon… Maintenant je me demande : Ai-je choisis le bon? Est-ce que je pourrai faire un PR? Est-ce que je pourrai terminer mon 50 km après avec toutes ces côtes? Plusieurs questions défilent dans ma tête… j’observe mes pensées, je leurs réponds, j’ai une conversation avec moi-même… Je prends le temps de lire les jolis mots d’encouragement que je me suis écrite au poignet… Je ferme les yeux pendant une fraction de seconde… Je me les récite une dernière fois… Je prends une grande inspiration et…

3…2…1… BANG!!!!  Et on y va pour une autre!

Je ne vous ferai pas une narration kilomètre par kilomètre, comme je l’ai fait pour mon expérience du premier marathon. Laissez-moi seulement vous partager les moments heureux de ce parcours. Pourquoi seulement les moments heureux? Étonnamment, ce marathon, a été couru avec un sourire du début à la toute fin (il semblerait même que j’en ai fait sourire plusieurs – détails à suivre). Ce n’est pas que mon corps n’a pas ressenti d’inconforts où de douleurs, mais je n’aurais jamais cru possible courir 42,2 km (et même plus) et traverser la ligne d’arrivée avec encore autant d’énergie, de positivisme ainsi que de joie de vivre. INCROYABLE!

Monte, descend, monte, monte, monte, descend…

Malgré les montées et descentes qui semblent ne plus en finir pour un marathon de ville sur l’asphalte (après tout je ne suis pas dans une course en montagne!), ma cadence est très bonne pour une bonne partie du marathon… Je sens que l’entrainement porte fruit, mais en même temps j’essaie de me modérer, car je sais que la ligne d’arrivée ne veut pas dire la ligne d’arrivée aujourd’hui. Je dépasse plusieurs coureurs dans les premiers 10 km. Ça sonne l’alarme chez moi (negative split) que j’éteins aussitôt en me disant d’avoir confiance en mes capacités. Je commence soudainement à voir les coureurs du demi-marathon revenir. Je prends le temps de les regarder, d’être émerveillé par la puissance de plusieurs et je leur envois la main, me lève le pouce en guise d’encouragement et me surprend à leur crier « Nice job » ;). Après tout, ne sommes-nous pas  tous là parce que nous partageons une passion commune? Pourquoi ne pas nous encourager mutuellement?

Je cours seule jusqu’au 15e km environ. Arrivé à un point d’eau, le coureur qui faisait office de lapin de 4 h (10 min. course : 1 min. marche) me rejoins. Oui, je courais devant le lapin de 4h… Oui, une méchante belle journée pour faire un PR si on élimine les côtes, le 50 km qui m’attendait… ah oui et mes arrêts fréquents pour replacer mes bas à orteils! Oui les amis, mes bas « are driving me insane » comme je disais en riant aux bénévoles des postes d’eau. 😉 Je n’exagère pas en vous disant que j’ai dû arrêter AU MOINS 15 fois pendant tout le marathon pour replacer mes bas. Imaginez la perte de temps!!!!!! Toutefois, je ne suis pas là pour me donner des excuses. Une course est une course. Elle peut avoir un trajet facile, un trajet difficile, être longue, être courte, être parsemé d’embuches ou non… il faut apprendre à faire avec ce qui est là. Et drôlement, malgré mon esprit des plus compétitif parfois, c’est ce que j’ai essayé de faire cette journée là. J’ai essayé de ne pas réfléchir à l’impact que ces éléments auraient sur mon temps. Après tout, je ne courais pas pour faire un PR cette journée là (même si je le souhaitais étant franche), mais bien pour faire mon premier ultra-marathon.

Au 22e km, je laisse mon nouvel ami coureur/lapin au poste d’eau pour une autre séance de replacement de bas, eau, gatorade et « jasette » avec les bénévoles. Oui, j’ai prit le temps de faire la « jasette » à quelques reprises avec ces gentils bénévoles durant mon marathon – une autre chose qui a enrichit mon expérience. C’est vraiment agréable d’avoir la chance d’échanger avec les gens pendant les courses. On apprend à connaître plusieurs personnes, plusieurs histoires, plusieurs anecdotes, des parcours inspirants… un autre beau cadeau de cette course. Je me suis même demandé pourquoi je n’avais pas fait cela à Ottawa. Ah oui, je me suis rapidement souvenue que c’était mon premier marathon et que je n’avais pas la même force et vigueur disons pour dépenser de l’énergie à jaser… 😉 Une autre chose agréable… sentir que je peux courir longtemps sans trop souffrir (du moins pas encore à ce point).

Je passe le 25e km… Je suis à mi-chemin (car je pense en terme du 50 km et non du 42,2)! La course se déroule bien. Je me sens bien dans mon corps, malgré de légers inconforts aux pieds dû à mes bas qui me serrent les orteils. J’ai presque peur de voir l’état des dommages après la course, mais en même temps j’essai de ne pas trop y penser. Il commence à faire très chaud alors que j’arrive à la fin de la boucle qui est aussi au point le plus bas de la course. Je me dis que c’est maintenant que la course commence réellement. De l’autre côté, je me sens aussi confiante et beaucoup moins préoccupée, que lors du premier marathon, par le fameux « mur du marathonien » au 32e km. J’ai la ferme conviction et mon corps semble le témoigner jusqu’à maintenant que tout va bien se passer. Je commence à monter un genre de faux plat interminable. Je marche des bouts. Je vois soudainement un ami de l’autre côté du chemin qui n’a pas encore complété la boucle et qui apparait un peu mal en point. Je ralentie, je lui demande comment il va et lui offre ce que j’ai avec moi (gel, eau, Advil, pansements, etc.), mais il me dit être ok. Je reprends la route. Il fait chaud, j’ai la bouche sèche (pas bon signe) et je ne vois aucun point d’eau à l’horizon.

La route continue à monter, mais j’ai toujours le sourire aux lèvres. Mon corps me dit que c’est vraiment une bonne course. Finalement, je vois un point d’eau déserté avec des bouteilles d’eau. Je me sers, bois, m’asperge et repars avec une autre bouteille en main. Il n’est pas question que je déshydrate ici! Je cours… monte, descend, marche, etc. Le 32e km passe sans même que je m’en sois rendu compte. Tout d’un coup je réalise que je suis rendue au 35e km et qu’il ne me reste que 15 km. Même si j’ai de la difficulté à croire que je vais courir 50 km, j’ai maintenant la conviction que ce sera possible. Certes, je commence à avoir mal aux jambes, surtout aux quadriceps à cause des descentes (oui, les descentes peuvent vous mâcher les jambes) et aux orteils. Toutefois, je sens, je pense, je sais que je vais pouvoir accomplir ce défi. Je souris intérieurement…

Cette joie m’amène à vouloir chanter à tue-tête… et pourquoi pas? Alors je m’y mets! Haha! Je passe un policier qui fait la circulation à une intersection en le remerciant et je remets à chanter. Au 37e km environ, je vois un autre point d’eau, mais décide de ne pas y arrêter ayant une bouteille d’eau à la main. Toutefois, j’avais oublié que je chantais tout haut. Vous auriez dû voir le visage des bénévoles. Haha! Priceless! Imaginez… Carole qui passe en courant, avec le sourire d’étendu jusqu’aux oreilles, en chantant à tue-tête, et ce, au km 37 alors que plusieurs sont souvent mal en point! J’ai presque eu droit à une ovation!!!! Haha! Comme je vous le disais au départ, ce marathon est rempli que de bons moments!!!!… même si j’ai mal aux cuisses, orteils, chaud. C’est dans la tête les amis!

42,2 km…. La ligne d’arrivée?

Les derniers 3 km se font dans des montées avant une dernière descente vers la ligne d’arrivée. Fidèle à moi-même, et le sentant vraiment dans le plus profond de mes « tripes », c’est avec les deux bras dans les airs et le sourire jusqu’aux oreilles que je traverse la ligne d’arrivée du marathon. Un gentil bénévole m’accueil avec un beau sourire, me passe la médaille au coup, me donne un bouteille d’eau et me dit : « Bravo Mademoiselle. Vous avez terminé! Comment s’est passé votre course? ». Je lui réponds que le tout s’est très bien déroulé, que j’ai adoré ma course et ne lui dévoile pas mon plan de poursuivre cette course à quelques mètres plus loin de la ligne.

Je récupère la bouteille, le remercie une dernière fois et entreprend une marche rapide vers le pavillon ou j’y ai laissé mon sac dans un casier au sous-sol. Il contient, entre autre, une bouteille avec un mélange d’électrolytes, un gel, une barre, des advils, etc. Il me manque seulement une autre paire de bas! Mes bas actuellement me font vraiment souffrir au point que j’ai réfléchit à plusieurs reprises à courir pied nus dans mes espadrilles! Je commence à descendre les escaliers et c’est là que je réalise que les montées qui finissent toujours par redescendre m’ont amoché les quadriceps en titi. Ouf, je sens que ça va faire mal tout à l’heure!

Je récupère mon sac, prend le temps d’enlever mes espadrilles, mes  bas, de vérifier mes pieds pour voir l’état des dommages (ils semblent ok même si j’ai quelques orteils douloureuses) et de jaser avec deux personnes qui revenaient du lac étant allé nager suite au demi-marathon. Ils me félicitent d’avoir terminé le marathon. L’homme remarque que chausse mes espadrilles à nouveau, prend ma bouteille, gel, etc. et que je remets le sac dans le casier. Il finit par dire, en riant un peu, que je ressemblais à quelqu’un qui retournait courir… 😉 ce que je finis par lui confirmer avec un petit rire gênée. Vous voyez, je ne voulais pas que ça se remarque. J’avais prit soin d’enlever mon dossard, médaille et je prévoyais commencer à courir plus loin, non à la vue. Il me demande aussitôt si ça fait parti d’un entrainement d’ultra-marathon, ce que je lui confirme encore une fois en lui disant que c’est mon premier 50 km à vie. Il s’empresse de me dire qu’avec mon sourire et à en regarder mon état physique après mon marathon, qu’il n’est pas inquiet que je vais réussir. Laissez-moi vous dire que ça fait plaisir à entendre et donne un beau « boost » d’énergie ça en fin de course!!! Je l’ai remercié, j’ai rangé mes choses, quitté la pièce, monté les escaliers (ayoye mes jambes), sortie dehors, marché un peu pour ne pas me faire voir et j’ai recommencé à courir lentement. Pendant tout ce temps, je n’ai pas arrêté le chrono de ma montre pour simuler le grand jour de mon ultra-marathon de 80 km visé au New Hampshire en octobre.

Courir avec du cœur?

Je me suis retrouvée à courir autour du lac du pavillon dans des sentiers de pistes cyclables. Je dois admettre que ça fait un grand bien de courir sur une autre surface que l’asphalte. Plus j’avance et plus je souris et grimace en même temps… Les quadriceps commencent à être assez endoloris. C’est le prix à payer pour avoir choisit de faire un marathon dans les côtes et de ne pas avoir assez fait de descentes en entrainement. Je confirme que j’ai les quadriceps en compote!!!!! … au point que la vue d’une descente me donne le goût de faire demi-tour, quitte à être obligé de faire des montées en courant!!!!! Haha! Ce que je ne fais pas… donc, ayoye, ayOYE, AYOYE!!! Toutefois, comme je savais que ce n’était pas une blessure et qu’il me restait que 4 km à faire, je me suis rappelé les mots sur mon bras : Embrace the pain Carole!!! Je continue à courir, monter et descendre (ayoye)…

Je commence à réaliser ce que je suis entrain d’accomplir… mon deuxième marathon que je termine en ultra-marathon! C’est à ce moment que, surgissant de nulle part, des larmes se pointent dans les yeux et commencent à couler sur ma joue; de grosses larmes accompagnées d’un sentiment d’accomplissement intense. Je suis quasi éblouie. Plus je cours, plus je pleure. J’ai toujours cru que je terminerais mon premier marathon en pleurant, sachant à quel point cette course était difficile, mais non… sauf que là, disons que ça m’a prit par surprise! Je me suis obligée, tant bien que mal, à arrêter de pleurer pour garder mon souffle. Toutefois, lorsque mon chrono a finalement affiché 50 km, j’ai appuyé sur la touche arrêt, je me suis assise par terre dans les pistes et j’ai laissé les larmes couler. Je venais de terminer ce que je n’aurais JAMAIS cru possible il n’y a de cela que 6 mois passé.

Je venais de réaliser ce que j’ai accompli en prenant en même temps conscience qu’il me restait encore de l’énergie, de la force physique malgré la douleur aux cuisses/orteils et que j’aurais possiblement pu continuer pour quelques kilomètres… J’ai vu défiler mon cheminement, mon évolution à la course à pied en 1 an… Mais j’ai surtout vu le Marathon des Sables de rapprocher de moi, devenir plus accessible… et ça, c’est assez pour pleurer de joie!!!! J’ai vu que tout est possible, qu’il suffit d’y croire, qu’il suffit de croire en soi!

Accueillez les défis… et le mal…

Sur une petite note un peu plus humoristique en fin de récit…

Vous savez, un accomplissement implique souvent d’oser sortir de sa zone de confort… Oser sortir de sa zone de confort implique souvent des efforts supplémentaires… Des efforts supplémentaires impliquent parfois des courbatures… et laissez moi vous dire que dimanche en soirée et lundi, avant un massage sportif de quasi torture, j’ai descendu les escaliers de reculons!!!! Haha!

Ça veut aussi dire cela…

 EMBRACE THE PAIN!!!!!!!

Motto

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