Ma journée commence comme suit… Je mets les deux pieds à côté de mon lit en me disant : « Carole, est-ce moi, ou ça ne te tente vraiment pas du tout d’aller courir? » Et ma petite voix intérieure, difficilement discernable (ange ou démon?), me réponds : « Tout à fait! Ce soir, tu restes à la maison et tu ne fais RIEN! »

Et la journée passe… Il n’y a pas une heure ou je ne me dis pas que je dois aller courir ce soir, que je dois m’entrainer, que ça me fera du bien, que ma journée de repos était hier… bla bla bla…

Conversation entre l’ange et le démon :

J’arrive à la maison et mes petites voix (et oui, l’ange et le démon y sont tous les deux il semblerait) me parlent chacune à leur tour et terminent par une engueulade entre elles :

Démon : « Carole, tu es fatiguée. Reste à la maison et fait rien ce soir. Une journée de plus ou de moins, ça ne changera rien du tout. « 

Ange : « Carole, tu as déjà manqué un entrainement la semaine passée et un autre la semaine avant. Vas-y, ça va te faire du bien. »

Démon : « Tu n’as pas besoin de cette sortie. De toute façon, peu importe si tu t’entraines comme une malade, ton 24hrs de juillet restera ta grosse bête noire. »

Ange (parlant maintenant directement au petit démon) : « Pourquoi lui dis-tu cela? Elle rêve de cette journée depuis son premier ultramarathon! »

Démon (décidément sans détour) : « Est-ce possible d’arrêter de l’achaler? Elle aimerait rien foutre. »

Ange : « Ce n’est pas vrai. Elle veut aller courir, mais c’est toi qui n’arrête pas de l’achaler et lui occasionner des doutes. »

Démon : « Je ne suis aucunement responsable de ses doutes. Elle s’entraine comme une déchainée depuis décembre et elle voit à peine de progrès. La preuve, le stage du marathon des sables a été difficile pour elle. »

Ange : « C’est certain que c’était difficile. Mets-toi à sa place, 75km en 3 jours avec 3000m de dénivelé avec 35 degrés, qui ne trouverait pas cela difficile? »

Démon : « Bien des gens en meilleur forme qu’elle, plus vite qu’elle et plus forte qu’elle! »

… et la conversation continue ainsi entre mes petites voix…. au point, je ne les écoute plus, ni l’une, ni l’autre…

Et soudainement je vois le bandeau (buff) que l’on m’a donné au stage MDS et qui est représentatif du Marathon des Sables (voir la photo).

Ange (qui voit une lueur d’espoir en profite) : « Carole, souviens toi qu’il y aura des moments difficiles au marathon des sables ainsi qu’à ton prochain ultramarathon de 24 heures. Tu sais que tu en viendras à être épuisée, à douter et c’est une bonne occasion pour toi de te démontrer que tu es capable. Ne te mets pas de pression et va courir pour le plaisir tout simplement. Pas d’entrainement… ce sera seulement toi, ton souffle et tes espadrilles. »

Démon : « Penses-tu vraim…

Ange : « Tais-toi! Elle y va! Arrête d’être un briseur de fête et va déranger ailleurs!!!

Et voilà que je m’en vais à la rencontre de mes espadrilles et de la neige qui roule sous mes pieds. La voix de ce petit ange me rappel à quelques reprises que je ne suis pas obligée de faire de cette sortie un entrainement intense, que je peux tout simplement apprécier le moment et courir pour le plaisir.

C’est ainsi qu’un pas se mets devant un autre, qu’une enjambée tombe plus loin que l’autre et finalement contre toute attente j’atteins à un point ma vitesse la plus rapide jusqu’à maintenant (et ce dans la neige)- 3:50min/km!

Ange : « Je savais que tu étais capable. Rappel toi que c’était un objectif que tu t’étais fixée au début de l’année (courir sous 4min/km) et tu l’as atteint en étant encore au début de l’année! Il ne faut pas écouter ce petit démon. Tu sais qu’il sera toujours là pour t’occasionner des doutes en tes capacités, te faire voir tes faiblesses et essayer de te démontrer que tu n’es pas capable d’atteindre tes désirs les plus fous. »

Morale de l’histoire :

Il y a une citation qui dit : « Le doute est le commencement de la sagesse. » En temps ordinaire, je serais tout à fait en accord avec cette belle réflexion philosophique. Toutefois, même si le doute est parfois nécessaire (pour ne pas devenir trop téméraire et prendre pour acquis), trop en avoir et surtout finir par le croire dans un entrainement peut devenir la mort de la motivation.

Oui, j’ai de beaux projets excitants. Oui, je me considère HYPER chanceuse de pouvoir vivre cette passion. Par contre, de l’extérieur, il est parfois difficile de voir qu’il y a des jours ou je doute de moi-même comme pas possible. Il y a des jours ou j’ai besoin que l’on me rassure et me dise que je serai en mesure d’atteindre mes buts. Il y a des jours ou je ne sens pas que je fais de progrès, que je suis convaincue que je resterai à ce niveau pour toujours et que je ne serai pas capable de faire ce premier 24hrs avant autant de dénivelé en juillet.

Toutefois, il y a d’autres jours ou je me surprends. Il y a d’autres jours ou au lieu de regarder ou je suis actuellement, je regarde d’ou je suis partie. Il y a d’autres jours ou je me permets d’avoir de mauvais moments en course à pied sans me culpabiliser ou me reprocher un manque d’effort. Il y a d’autres jours ou je réalise que c’est un cheminement et qu’être patiente tout en continuant d’y mettre de l’effort est la clé du succès pour atteindre mes objectifs.

Pendant ces moments, je pense que ça vaut le coup de se donner une bonne tape sur l’épaule et se dire : « Good job running lady! » 😉

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