Croisée des chemins…

Je me sens encore une fois à la croisée des chemins face à un choix de mode de vie. Je sais que ce que j’aime le plus faire – courir – est aussi ce qui viendra à me faire le plus souffrir… et je ne parle pas de mes pieds avec des ampoules, de courbatures au niveau des cuisses et mollets ou encore de douleurs articulaires. Je parle plutôt d’une souffrance sournoise, mais bien présente, qui s’installe graduellement dans tout mon corps avec ce que je décide d’ingérer avant, pendant et après chacun de mes entrainements et courses pour performer… ce qui représente plusieurs de mes repas et collations dans la semaine.

Depuis encore plus longtemps que ma passion pour la course, mon autre passion, soit celle pour la nourriture et surtout la nutrition a pris son envol. Depuis plus de 8 ans maintenant, je consacre du temps chaque jour de ma vie pour lire, m’éduquer, me laisser inspirer ou encore cuisiner des découvertes végétariennes. Mais voilà que depuis un bon moment s’est développé en moi un sentiment de dissonance cognitive, en voyant mes valeurs de vivre une vie en santé, être bafouées par mes propres choix de consommer un nombre impressionnant de gels, barres, chumps, pâtes, pain, gatorade, desserts et plus récemment à l’occasion du Coke et du Mountain Dew!!!! Je vois le nombre de calories issues de sucre raffiné et de carbohydrates s’accumuler dans chacune des cellules de mon corps a une vitesse hallucinante. Et au contraire de plusieurs dire, une calorie n’est pas une calorie! Quelques centaines de calories issues des barres, gels, spaghetti et pain ne sont pas les mêmes que les quelques centaines de callories que celles issues d’un avocat, de noix, de petits fruits ou de légumes. Loin de là! Les dernières nourrissent mon corps alors que les premières alimentent mon corps simplement en me permettant de performer, mais non d’être en santé. Je crois de plus en plus au dicton qui dit que nous pouvons être en forme sans être en santé!

Nutrition sportive : performer à quel prix?

J’ai eu la chance de travailler avec une nutritionniste sportive très recommandée cette année en vue de mon Marathon des Sables. D’un côté, je la remercie pour ses précieux conseils qui m’ont permis de réviser mes apports nutritionnels (calories) en entrainement ainsi que pendant les périodes pré et post course. Je sens que si je l’avais connu plus tôt, je me serais évité bien des pannes de courant comme je les ai vécus, entre autres, pendant ma première vraie année de course. Je me souviendrai toujours de ce moment couché sur le sol mouillé de la Pandora 24 à regarder les feuilles étant trop nauséeuse pour me lever ou encore celui ressemblant à un zombie déambulant les trails en fin de course à Bromont Ultra. Ce fut une année remplie d’ignorance (et il y en a encore à la tonne) et d’apprentissages forcés. Cette nutritioniste m’a permis de voir que si je continuais ainsi à m’alimenter au mauvais moment, avec les mauvaises quantités, etc. ce serait sûrement la fin d’une très, très, très jeune carrière-passion en course à pied, augmentant à chaque fois ma peur de retrouver ce mur de triple béton (comme on dit, ça frappe dans l’dash le mur du coureur), provoquant chez moi un sentiment d’impuissance, de mal de mer et d’appréhension. Après avoir vécu trop souvent ce mur où tu te sens comme le lendemain d’une veille de 5 jours de gastroentérite, j’avais peur d’en venir qu’à douter de ma plus grande passion. Avec ces conseils, j’ai connu mes meilleurs entrainements pré Marathon des Sables ayant de l’énergie à revendre pendant et même après. Wow! C’est encourageant, mais…

De l’autre côté, quoique l’aide d’une nutritioniste du sport m’a ouvert les yeux et remplit l’estomac, encore faut-il se demander si se remplir l’estomac avec ce que j’essaie d’éviter ou de manger en modération vaut le coup pour pouvoir pratiquer ma plus grande passion?! Est-ce que manger des bonbons en quantité, fruits séchés à la tonne, boire du jus sans fibres en quantité, des bagels de préférence blanc, des pâtes comme si tous les plats italiens se retrouvaient sur ta table d’un seul coup étant en plein carb-loading me conduira vers la performance? Oui, peut-être et même sûrement, mais aussi éventuellement six-pieds sous terre. Je ne serai pas en panne dans ma course, mais en panne dans ma vie trop tôt à mon goût. Même chose, est-ce que mangers des gels, des barres, boire du Gatorade, du Coke et du Mountain Dew me permettront de performer dans une course? Oui, peut-être et même sûrement. Vous devriez me voir lorsque je termine de prendre un gel avec de la caféine ou encore un Coke/Mountain Dew… watch out, pour quelqu’un qui ne prend pas de caféine, la rocket est parti et s’en va très certainement pour la lune! Oui, c’est vrai que ça fonctionne… je performe… et je m’écrase aussi de plus en plus.

Je pense qu’un des éléments ayant déclenché ce questionnement existentiel, en plus du simple bon sens, a commencé avec le visionnement du documentaireCarb loadedplusieurs mois passés. Un moment déclencheur de je ne savais trop quoi. Ce documentaire met en évidence les problématiques sous-jacentes au diabète de type II…. chez les athlètes!!!! WTF? (Pardon pour le langage, mais si je suis honnête, c’est exactement ce que j’ai pensé quand je l’ai visionné). Comment est-ce possible de faire du sport pour devenir/rester en santé et on tomber malade en le faisant… Vous ne vous considérez pas athlète et vous pensez que ce documentaire ne vous concerne pas? Je vous prie d’attendre quelques secondes avant de fermer la fenêtre de ce billet, car après tout, notre fameuse pyramide alimentaire n’est-elle pas conçue pour nous faire manger des carbs à la tonne. N’est-ce pas ce qui est en bas de la pyramide, les carbs? Et qui dit carbs, dit SUCRE! N’est pas ce que nous retrouvons chez McDo, Tim, Subway, dans la majorité des allées de l’épicerie, etc.? Oui, malheureusement… et sâchez que ce billet ne se veut nullement moralisateur. Loin de là mon intention, mais plus de me questionner ouvertement.

Oui, je sais que ce n’est qu’un seul documentaire (mais il y en a un paquet d’autres), mais sérieusement, pouvez-vous sincèrement me dire que manger des gels, boire du Gatorade a la tonne, du spaghetti comme si rien d’autre n’existait, me donnera la santé? Pour moi c’est comme danser le cha-cha en avançant d’un pas avec le sport et en reculant 2 avec la cochonnerie que j’ingère. Je n’ai pas besoin d’un paquet de connaissances pour réaliser que nourrir mon corps avec du sucre à la caisse me cause de l’inflammation (par dessus celle que j’accumule avec le sport) et m’enlève, par la même occasion, la possibilité de le remplir de bons gras, protéines, vitamines, minéraux, etc. Il doit y avoir une autre solution. C’est alors que j’ai commencé à chercher. Je ne peux plus continuer à acheter des gels à 2$ alors que je me prive parfois d’acheter des avocats rendus à 2,50$, en disant que les épiceries ne font plus de sens. J’ai réalisé que malgré les coûts de plus en plus élevé de certains produits, c’est moi qui ne fais pas de sens en achetant d’autres qui me nuiront à long terme. Carole, reviens dans le droit chemin, me suis-je finalement dit.

Effets secondaires d’une alimentation traditionnelle de sportif…

De plus, je remarque que plus je m’entraine plus mon corps change. Vraiment, me direz-vous? Oui, mais paradoxalement pas toujours dans le sens que vous pouvez penser. Oui, mes jambes, fesses, mollets, etc. ont prit du volume, se sont raffermi, on et sont plus découpés. Toutefois, je remarque aussi que mon ventre aussi a pris du volume avec de belles petites poignées d’amour, que cette fameuse cellulite redoutée par toutes les femmes persiste à rester sur certaines parties de mon corps, voir a s’amplifier à certains endroits et que mes dents sont rendues sensibles lorsque je mange du sucre même si c’est avec des fruits séchés. Encore une fois… WTF? Je sais que quelque chose ne va pas et qu’il faut que ça change, mais comment?

Je fais de plus en plus de lecture sur l’approche FAT ADAPTED ATHLETE et je réalise qu’il y a peut-être une partie de la solution dans cette approche. Pourquoi devrais-je seulement dépendre du sucre stocké en quantité minime dans mon corps alors que le gras qui y est aussi stockée est en quantité quasiment inépuisable? Environ 2000 calories de sucre, lorsque bien entrainé, pour peut-être 40 000 calories de gras pour quelqu’un même de très mince. Pourquoi ne pourrais-je pas apprendre à mon corps a aller puiser dans ces réserves naturelles de graisse, plutôt que d’épuiser ma réserve de sucre après 2 heures, et devant en plus la renouveler avec une quantité impressionnante de gels, barres, etc. impossible à digérer après un certain moment? Dans mes lectures, je constate que de plus en plus d’athlètes de haut niveau (Olympien, ultramarathonien, etc.) recourent à cette nouvelle approche.

Je ne me suis pas donnée comme mandat avec ce billet (désolée) de vous décrire en détail l’approche, qui est encore pour moi bien nouvelle. Toutefois, j’ai inséré au bas de ce billet quelques liens d’intérêts qui je souhaite vous amènera à vous questionner tout simplement sur ce sujet. Ce que j’en comprends pour le moment est ceci… désolée si ma vulgarisation est simpliste. En diminuant la quantité de carbohydrates (sucres) consommés, nous souhaitons apprendre à notre corps a aller puiser son énergie dans sa réserve assez impressionnante de graisses pour performer longtemps.

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Certains me diront sûrement que là est le but de la longue course de la fin de semaine, soit d’apprendre à notre corps a aller puiser dans les graisses en courant dans une zone à faible intensité. Oui, c’est vrai… mais ce n’est pas aussi simple que cela il semblerait m’étant moi-même posée cette question. La réponse que j’ai découverte pour le moment est fort simple et aussi questionnante : comment apprendre a son corps a puiser dans les graisses alors que nous continuons de lui donner un support énergétique sous forme de carbohydrates/sucres avant et pendant l’entrainement (pâtes, pain, bagel, gels, barres, gatorade, etc.)? Je dois admettre que je n’avais pas pensé à ce dernier élément… une genre de révélation qui a d’autant plus augmenté mon questionnement et en même temps mon intérêt pour l’approche LCHF.

J’ai ainsi continué de lire et parmi ces lectures/recherches, j’ai eu la chance de découvrir des nutritionnistes sportives naturelles qui travaillent avec cette méthode de LOW CARB, HIGH FAT (LCHF) et TRAIN LOW, RACE HIGH. Sachant que je ne peux pas poursuivre ainsi avec cette consommation aberrante de mauvaise bouffe, j’ai écrit quelques courriels et je me suis lancée du précipice en décidant de travailler avec une de ces nutritionnistes et faire le test sur moi-même pour voir ce qui en est. Donc, m’en voilà à mes tout début, d’une toute nouvelle approche face à ma nutrition sportive, qui je souhaite, aura des impacts considérables non seulement sur mes capacités sportives, mais surtout à long terme sur ma santé en général. Je testerai dans les prochaines semaines cette approche sur moi en vue de mon premier 160km du mois d’octobre. D’autres billets sur mon évolution suivront sûrment. 🙂 Mon objectif, comme je l’ai déjà mentionné plus haut, est d’être non seulement en forme, mais en santé.

Avant de terminer, j’aimerais réitérer que cette nouvelle philosophie qui est après voir le jour dans ma vie n’est pas seulement dédié aux athlètes, mais bien à toute personne qui a sa santé à coeur selon les nutritionnistes et mes recherches. Finalement, je crois important d’ajouter que je ne suis ni nutritionniste, ni médecin, etc. pour vous dire quel mode de vie adopter. À chacun ses choix. Cependant j’espère fortement que mes questionnements (car je suis encore en mode questionnement et non véracité) sauront en réveiller quelques-uns en vous. Ce que je réalise de plus en plus dans la vie est qu’il est préférable d’être une personne ignorante et curieuse qui change d’idée, qu’une personne pseudo connaissante convaincue et rigide.

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