Au meilleur de ma mémoire, voici mes pensées à 3-4km de la ligne d’arrivée du 100 miles (160 km) de la course de trail Ghost Train Trail Rail Race en octobre dernier 2015.

C’est complètement fou de courir cette distance d’un seul coup. Les gens sont capotés! Mais là, même si c’est souffrant en titi, il n’y a pas de chance que je ne termine pas cette course, car c’est ma seule chance d’obtenir cette fameuse BUCKLE tant voulu de l’ultramarathonien, car je ne referai JAMAIS ça. Oui les 100 km, mais 100 miles, oublie ça! C’est de la vraie torture!

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J’aurais dû savoir mieux au moment où j’ai décidé de laisser le mot JAMAIS monter dans ma tête. Me voilà à 2 dodos d’une autre belle, grande, stupide-exitante folie de courir mon 2e 100 miles. Comment se sent-on à la veille d’un 100 miles avec beaucoup plus de dénivelé que la 1ère fois (= 4 300 mètre ou 14 000 pieds ou 30 Mont Farlagne de ups and downs de plus pour être plus exact)? Bien des réponses possibles parmi les coureurs, mais aussi au sein des neurones d’une même coureuse : choyée, émerveillée, confiante, joyeuse, peureuse, anxieuse, sereine,…

Choyée

Je me sens choyée de pouvoir prendre le départ de la 28e édition d’une course aussi ancienne et d’une certaine façon historique qu’est le Vermont 100. Pour être éligible à prendre le départ, vous devez soit avoir déjà complété un 100 miles ou encore une course qualificative de 80 km en moins de 12 heures. J’ai eu mon ticket l’an passé lorsque j’ai finalement eu cette BUCKLE à Ghost… même si je n’avais pas l’intention d’en refaire une à ce moment. Je visais alors courir le 100 km au Vermont et non le 100 miles!

Toutefois, je me sens surtout choyée de pouvoir avoir la santé et aucune blessure pour prendre ce départ. Depuis janvier 2016, les km se sont accumulés pour moi comme jamais. J’en suis presque à 2 000 km cette année alors que mon record l’an dernier (pour l’année complète) était autour de 2 700 km. Pour moi, c’est beaucoup!!! Mes entrainements cette année ont été plus demandant, plus intensif, plus long, plus forçant… mais si j’y pense bien, c’est en quelque sorte la progression normale d’un athlète. Lorsqu’on voit l’entrainement comme quelque chose de continu, il est normal que le corps s’adapte.

Depuis mars, j’ai couru plusieurs marathons et ultramarathons en entrainements. Parmi ceux-ci, plusieurs ont été courus avec des répétitions de montées et descentes à n’en plus finir. Je me sens reconnaissante envers ce corps qui travail si bien pour moi (et le vôtre aussi pour vous si vous y pensez bien malgré les bobos qui émergent parfois). Est-ce que j’étais fatiguée à la suite de plusieurs de ces entrainements? Oh que oui! Est-ce que j’étais fatiguée pendant ce/ces blocs d’entrainement? Oh que oui! Est-ce que j’étais plus fatiguée que lorsque je me suis entrainée pour mon 1er marathon en 2013? Étonnamment, pas nécessairement. Le corps est hyper fort et résilient à sa manière. Ça ne cesse de m’émerveiller qu’il continu de me répondre aussi positivement lorsque je lui lance un autre défi encore plus grand que le dernier. Vous savez quoi? Votre corps est pareil comme le mien. J’ai seulement décidé de tester la machine pour voir jusqu’où elle est capable d’aller et la machine n’a pas encore tombée en panne! Je pense même qu’elle est plus huilée et entretenue aujourd’hui malgré les kms que lorsque je ne courais pas!

Confiante

Je n’ai pas la prétention de me considérer une experte en course à pied… vous devriez voir les performances de certains coureurs d’ultramarathon (et aussi de marathon, demi, 10 km, 5 km…). WOW, c’est époustouflant! À la limite, je suis lente comme une tortue comparativement à certains coureurs de mon sport! Haha! Toutefois, je prends le même départ et j’arrive à la même ligne d’arrivée. C’est ça qui est important.

Pour certains, courir un marathon, un ultra de 50 km, 80 km, 100 km c’est presque seconde nature… pour moi, ça dénature mes ongles d’orteils! Ayoye! Toutefois, cette année j’y ai mis le paquet… enfin, je croyais y avoir mis le paquet jusqu’à ce que je réalise 3 semaines passées qu’à mon retour, je double/triple ce paquet en voulant travailler encore plus fort. Passionnée? Oh que oui! Déterminée? Oh que oui! Motivée à me dépasser encore une fois? Oh que oui! Ok, je fais un peu de coq-à-l’âne là… Mon point est le suivant : j’ai travaillé fort+++!

J’ai travaillé fort pour améliorer mes faiblesses en course à pied. J’ai travaillé fort pour trouver l’erreur au niveau de mon alimentation et qui fait que j’ai souvent des problèmes digestifs à la fin de mes longues courses. J’ai travaillé fort mon mental en faisant des entrainements de 6, 8 et même 10 heures seule. J’ai travaillé fort à vouloir comprendre un peu plus comment ce mental est parfois mon meilleur allié et qu’il devient parfois mon pire ennemi dans mes courses et entrainements. J’ai travaillé fort sur plusieurs volets : physique, alimentation, mental! Les gens me disent parfois que ça semble si facile pour moi de courir, que j’ai l’air d’une plume qui flotte et qui se laisse emporter par le vent! Ce que ces gens n’ont peut-être pas vu c’est l’effort qui est en arrière de cette apparence de plume (et je dis bien apparence, car laissez-moi vous dire que j’ai souvent des GROSSES briques dans mes souliers)!

Même si ce n’est pas pour moi un talent inné, j’ai perfectionné avec le temps mon sport et je continue de le perfectionner. C’est un travail à long terme et qui ne date pas d’hier non plus. Et c’est justement ce travail qui me permettra de lacer mes souliers samedi et faire mes premiers pas à 4 heures du matin. Je sais que tout peut arriver (et je vous parlerai de mes peurs et de mon anxiété plus bas) dans une course de 160 km, mais la seule chose que je suis certaine est que j’aurai tout donné comme à chacune de mes compétitions que la course se termine à 160km ou avant (que je ne souhaite pas bien entendu, mais il faut être réalise – les % de DNF (did not finish) sont quand même grand dans les ultras).

”There is nothing noble in being superior to your fellow man; true nobility is being superior to your former self.” ~ Ernest Hemingway

Excitée et joyeuse

Je suis excitée à l’idée que je vais encore une fois devoir surmonter un défi de taille. Masochiste?… un peu, mais le sentiment d’accomplissement qui vient avec le bonbon pendant et à la fin est WOW x 1 million! Une vraie drogue naturelle et légale! Saviez-vous que le high du coureur mimique en fait un peu l’effet des drogues illégales au niveau du cerveau?! Un espèce de gros RUSH de dopamine, adrénaline, etc.

Pour moi l’important n’est pas la distance que je parcours ou la vitesse à laquelle je cours, mais plutôt cette vibration de bonheur qui me submerge lorsque je dépasse mes limites. Vous n’avez qu’à demander à Juan si je suis malheureuse pendant mes courses = JAMAIS!!!! Oui, même quand j’ai parfois des nausées, la tête qui tourne et que je titube! Il n’y a pas une course où je ne me surprends pas à dire tout haut à moi-même ou à la personne qui m’accompagne que je suis 100 % dans mon élément, que c’est BEAU comme tout et que je ne serais pas à aucune autre place au monde. Pourquoi? Parce que ça vibre à l’intérieur. Ça vibre où? Chaque cellule mes amis font le party juste avant et pendant la course j’en suis certaine! Comme le dit en quelque sorte le dicton ici-bas : les conditions dans mes courses ne sont pas toujours idéales, mais elles restent toujours indépendantes à mon bonheur… à la limite, elles l’augmentent en me donnant le défi de les surmonter!

“There is no need for conditions. One can be unconditionally happy.” ~ Osho

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Peureuse

Malgré tous ces beaux mots inspirants (haha!) faisant presque penser à un conte de fées, est-ce que cette course me fait peur? OH QUE OUI!!!!!!! Comme dirait mon coach Ray Zahab, ne pas avoir peur à la veille d’une course est un peu comme lui manquer de respect. Et bien, laissez-moi vous dire je la RESPECTE en titi! Pour une 1ère fois, je serai mise devant des situations qui me sont nouvelles, dont une pouvant vous paraitre peut-être très drôle et anodine, mais qui n’est pas le cas pour moi.

Pour la 1ère fois dans ma vie, je vais possiblement devoir courir seule toute la distance pendant la nuit. Eh oui, je n’ai jamais couru seule pendant mes courses de longues distances. L’an dernier, quand j’ai pris le départ de Ghost, Juan et Karl y étaient pour m’accompagner à la tombée du jour. Vous voyez, arrivé dans la nuit on dirait que tout change : les yeux commencent à vous jouer des tours en ne distinguant pas aussi bien les éléments de l’environnement; les oreilles entendent des bruits qui n’y étaient pas auparavant; les pieds ajustent leur vitesse à la vie qui s’endort autour d’eux; le corps prend soudainement un coup de fatigue x 100 alors qu’il ne pense qu’à dormir sur le bord de la piste… Karl a même pété sa coche au levée du soleil (après genre 18 heures pour moi en course) alors qu’il voyait que mon entrain revenait, en me disant qu’il ne serait plus jamais pacer d’une de mes courses, car la nuit c’est fait pour dormir et pas pour courir comme des zombies! Haha! Pauvre Karl, je pense que je t’ai traumatisé à vie avec mes courses, mais je dois admettre que tu m’as faire rire pas mal!

Juste pour vous montrer à quel point mes sens me jouent des tours pendant la nuit, l’an passé lors de mon 1er 100 miles, il s’est mis à pleuvoir. Comme nous étions à la fin octobre, il y avait un tapis de feuilles qui couvrait la majeure partie des sentiers. À ce moment de la course, j’avais encore de l’énergie dans les jambes pour courir, mais je me suis surprise à plusieurs reprises à soulever mes pieds plus hauts qu’à ou encore à éviter de les poser à certains endroits, car mes yeux (mon cerveau) voyaient des roches où il n’y en avait pas alors que c’était des feuilles noircies par la pluie. J’avais déjà culbuté plus tôt sur un morceau de bois de l’ancien chemin de fer qui faisait une partie du parcours alors que je suivais Juan d’un bon pas de course dans la nuit. Je ne souhaitais pas répéter mon acrobatie. Même mon ami Karl s’est pris une bonne culbute dans la nuit alors que je venais de partir du ravito de base pour commencer une autre boucle et m’étant changé j’avais oublié d’apporter mon dossard!!! Il est  parti en flèche sur un sprint pour me rattraper et il est tombé en flèche pas loin d’une gagne de coureur qui semblait hyper surpris que quelqu’un coure encore aussi rapidement à cette heure (personne ne savait qu’il n’était pas coureur, car il faisait noir), hein Karl?!

Sur une autre note, il y a aussi l’idée de courir seule, dans le noir, dans les chemins de fonds des bois de campagne ne me plait pas non plus trop trop. Peureuse? Je m’imagine toujours un ours sortir de nulle part! Autant que courir la nuit soit pour moi un moment magique, car c’est hyper tranquille, cette même tranquillité et la fatigue qui l’accompagne rend mes sens hyper vigilants = j’entends TOUT, même plus que ce qu’il y a il semblerait. Mon imagination étant hyper fertile, imaginez le scénario : je me retrouve parfois dans des films d’épouvante! Haha! Au Vermont nous n’avons pas droit à de la musique, donc je serai seule avec moi-même, avec mon interprétation possiblement fausse des sons, avec une envie de chanter à tue-tête pour éloigner mes paranoïas. Quand je suis seule dans le bois et que j’entends des bruits de craquements de branches, etc. je me mets à chanter la pomme à quiconque se trouve là! 😉 Qui sait, j’aurai peut-être plusieurs anecdotes drôles à vous raconter de cette partie de la course suivant mon périple de nuit?! Peureuse? Ben oui, un peu je l’admet, mais ça ne m’empêchera pas de faire la course pour autant.

“When you are torn between 2 choices, always pick the one that will make the best story – grandpa always said this and once I started following it, life became a lot more interesting.”

Anxieuse

Autres que ma peur de courir seule dans la nuit, certaines beautés des ultras me préoccupent aussi. Pourquoi dis-je beautés si c’est préoccupant? Tout simplement parce que le cheminement pour se sortir de ces impasses est beau à sa manière et nous rend tellement plus fort. C’est ça la résilience. Saviez-vous qu’elle se développe et se transfère a d’autres aspects de notre vie? Oh que oui! Ok, me voilà encore faisant du coq à l’âne… je reviens à mon sujet. Je pense que ce qui me préoccupe le plus et qui a toujours été mon plus grand défi pendant les courses est l’aspect nutritionnel. Je n’ai pas encore trouvé la formule magique qui me permet de maintenir ma lancée du début.

Bien souvent, je trouve choquant de constater que je pourrais courir, mais que ma tête tourne trop ou encore que j’ai des nausées. Je me souviens l’an passé à Ghost (mais ça m’est arrivé au Marathon des Sables et aussi a Pandora 24) alors que j’étais sur la 1ère boucle de nuit avec Juan, il a dû prendre sa tâche de pacer au sérieux pour établir la vitesse, car je courais selon lui trop rapidement. Il était surpris de constater à quel point mes jambes pouvaient encore tenir le coup. Je n’avais pas de courbatures à l’exception de pieds endoloris bien entendu.

Toutefois, un peu comme un claquement de doigts, cette réalité a changé assez rapidement au levée du soleil. J’ai commencé à me sentir étourdie et malgré le fait que je continuais d’ingérer des sucres (coke et gels – oui les amis, je bois du coke yark pendant mes ultras qui a comme effet de l’essence de fusée pour quelqu’un qui ne consomme pas de caféine), j’étais de plus en plus étourdie. Je pense que nous étions à 6-7 kilomètres de la fin et je me suis alors assise sur une grosse roche (photo préférée de Juan ici-bas), j’ai regardé Juan dans les yeux et je lui ai dit textuellement : Juan, ce n’est pas encore gagné.

IMG_7845J’ai presque vu la panique dans ses yeux!!! Imaginez ne pas pouvoir terminer une course après 154-155 km alors qu’il en reste si peu! Sincèrement, je me sentais comme s’il y avait un tourne disque dans ma tête : You spin me right round, baby right round, like a record baby right round round round! Pas le fun du tout! Moi qui était partie pour un super temps de fin de course au début, oubliez cela! J’ai marché et marché et marché et aussitôt que je tentais de courir, c’est comme si que mon corps tournait sur lui-même. À peine 2 km plus loin, j’ai dû m’asseoir à nouveau et demander à Juan si j’étais ok. Il me semble que je vois mon reflet de fantôme dans ses yeux. Un vrai zombie! Pour une 1ère fois, j’ai eu un peu peur pour moi, même si je sais que ça fait partie de la game et que je n’étais pas en danger. Juan m’a obligé (et il a bien fait) à boire des bouillons de poulet et voilà que tranquillement ma vue s’est mise à arrêter de sautiller. Je n’arrêtais pas d’aller aux toilettes dans les bois (au 15 minutes), mais au moins je pouvais marcher un peu plus normalement sans avoir l’impression qu’une toupie tournait dans ma tête. Sur cette note, pour ceux et celles qui me disent parfois qu’ils ne sont pas préoccupés du tout pour moi et que ma course va super bien aller, j’apprécie +++++ votre optimisme, mais du côté du réalisme, ça ne se passe pas toujours ainsi. Oh que non!

Donc, pour le Vermont 100, j’ai pratiqué ++ ma nutrition en courant. J’ai calculé ++ dans des fichiers Excel ma dépense énergétique ainsi que la quantité de sucre, sel, potassium, calcium, liquide, etc. que j’ai consommé. J’ai ajusté. Je me suis fait aider par Janie St-Onge, nutritionniste sportive à Edmundston (que je vous recommande en passant). Mes lectures m’ont permis de conclure que je m’enlignais pour une possible hyponatrémie et ça, on ne veut pas voir cela se produire, donc j’ai fait mes devoirs. Comme vous pouvez le voir, courir un ultra, c’est plus que courir!

Maintenant, combien de murs vais-je possiblement frapper dans ma course (voir même ma pseudo-carrière de coureurs)? Une tonne encore possiblement, mais ça ne m’empêchera pas de me relever pour les surmonter. Et comme je vous disant, ça fait partie de la game. On commence bébé dans ce sport et on vieillit. Un peu comme on acquiert une maturité de la vie, on acquiert une maturité du sport. À la veille du Vermont100, je me sens un peu adolescente en prenant le départ, pas complètement adulte. Ça me fera vieillir un peu plus rapidement c’est tout!

“It is always darkest before the dawn.” ~ Proverb

Sereine

Malgré ces préoccupations, je me sens sereine. Comment peut-on se sentir sereine à la veille d’un 100 miles? Voici ma formule :

Entrainements : CHECK!

+ Travailler sur mes faiblesses sportives : CHECK!

+ Plan nutritionnel testé : CHECK!

+ Équipement testé : CHECK!

+ Bagage fait : CHECK!

+ Préparation mentale : partiellement atteint, en travail continu! : CHECK!

+ Accompagnement à ma course par mon meilleur ami et partenaire à vie Juan : CHECK +++++!

+ Attentes réalistes (obtenir la BUCKLE pour avoir mon ticket pour la lotterie du Western State – OH YES!) : CHECK!

=

Sourire jusqu’aux oreilles depuis le début de la semaine et c’est le temps que l’on décolle tabarouette! J’ai hâte!

“’This is my secret,’ he said. ‘I don’t mind what happens.’” ~ Jiddu Krishnamurti

Suivez-moi samedi : BIB 248 et mise à jour sur la ma page Facebook Carole Fournier-Crazy passions!

 

2 thoughts on “Courir un 100 miles : prise 2!

  1. Je n’y comprend rien: pourquoi, comment, etc, peut-on abuserde son corps (le mot est intentionnelle) et finir en bout de ligne par dire:quel bonheur! Peu importe votre logique à toi et Juan, vous continuez de m’inspirer! À une semaine du Tour d’Espoir, même si l’échelle de nos défis respectifs ne se comparent pas, j’avais besoin de vous lire pour mettre mon défi en perspective. Vous êtes bien placés pour comprendre que ce souhait n’est pas ridicule malgré le mal que vous allez vous imposer: amusez-vous! Daniel Lévesque

  2. Je suis avec toi, je t’envoie plein d’énergie.
    Pas: Accroche un petit grelot à ton veston
    pendant la course dè nuit, il éloignera les
    animaux! De la tortue Bionique Sylvie!
    « When it’s get though, i’m tougher » 😉

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